Afghanistan : ”dans un gouvernement d'unité nationale, il n'y a ni gagnant, ni perdant”, souligne Jan Kubis

Écouter /

Le Représentant spécial des Nations Unies pour l’Afghanistan, Jan Kubis, s’adressant par vidéo-conférence au Conseil de sécurité (Crédit photo : Evan Schneider/ONU)

Le Conseil de sécurité a examiné jeudi matin à New York la situation en Afghanistan. Avant d'intervenir chacun à leur tour, et de donner la parole au Représentant permanent de l'Afghanistan auprès des Nations Unies, les quinze ont entendu l'exposé du Représentant spécial des Nations Unies dans le pays, qui quittera bientôt ses fonctions.

Jan Kubus a confirmé que les résultats des élections présidentielles en Afghanistan devraient être annoncés dans quelques jours, en regrettant l'absence d'un accord politique sur un gouvernement d’unité nationale. Les longues discussions entre les équipes des deux candidats du second tour, Abdullah Abdullah et Ashraf Ghani Ahmadzai, les ont rapprochées, mais certaines questions essentielles doivent encore être réglées. Le blocage prolongé des institutions n'a fait qu'approfondir la crise politique, sécuritaire et économique du pays.

Pour le Représentant spécial, la seule façon d’avancer est de former un gouvernement d’union nationale dirigé par un président élu à l'issue d'une élection certifiée par la Commission électorale indépendante. Un principe accepté par les deux candidats, mais dont les modalités posent encore problème. Or, a-t-il fait valoir, dans un gouvernement d’unité nationale, il n'y a ni gagnant ni perdant, mais seulement des partenaires.

Jan Kubis a aussi rappelé que les Nations Unies ont accepté de jouer un rôle majeur dans le processus électoral à la demande expresse des deux candidats. Un rôle achevé dimanche dernier, qui a permis de détecter d'importants niveaux de fraude électorale, mais aussi de confirmer que le 14 juin des millions d'Afghanes et d'Afghans ont plébiscité un transfert de pouvoirs pacifique et démocratique. Enfin, le Représentant spécial a déploré le regain de violences depuis le début de l'année, qui a causé la mort de 2 312 personnes et en a blessé 4 533 autres. D'où son appel à un soutien international continu aux forces de sécurité afghanes après le retrait programmé fin décembre de la Force internationale d'assistance à la sécurité.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
15/12/2017
Loading the player ...