Ukraine: près de 2.600 tués dans le conflit dans l’Est

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Des personnes déplacées dans l'est de l'Ukraine. Photo: FNUAP/O. Kulyk

L’intensification des combats dans l’est de l’Ukraine provoque de plus en plus de victimes. Selon un rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme publié ce vendredi 29 août à Genève, en moyenne 36 personnes ont été tuées chaque jour depuis la mi-juillet.

Ce bilan pourrait s'alourdir si l'on tient compte « des 298 victimes du crash du MH17 », avion de ligne malaisien abattu en juillet dans l'Est de l'Ukraine.

Des civils ayant tenté de fuir ont été tués, d’autres ont été empêchés de quitter les villes de Lougansk et Donetsk par les séparatistes. Les groupes les plus vulnérables de la population n’ont pas été évacués à temps, accuse le rapport.

« Il faut d’urgence mettre fin aux combats et aux violences dans l’est de l’Ukraine, avant que davantage de civils ne soient tués, forcés de fuir ou condamnés à d’intolérables privations », a déclaré la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme. « Viser délibérément des civils est contraire au droit international humanitaire et il faut faire davantage pour les protéger », a averti Navi Pillay qui doit quitter ses fonctions le dimanche 31 août 2014, après six ans à la tête du  Haut-Commissariat.

Le rapport accuse les groupes séparatistes de nombreuses violations des droits de l’homme dans les régions de Donetsk et de Lougansk, dont des enlèvements, des actes de torture et de mauvais traitements de détenus.

Les forces gouvernementales en commettent également, dans leur effort pour reconquérir le territoire contesté. Le Haut-Commissariat note que les bataillons de volontaires qui combattent aux côtés de l’armée ukrainienne pourraient être également coupables de violations telles que détention arbitraire et torture.

Selon l’ONU, au moins 468 personnes étaient détenues par divers groupes armés en date du 17 août. Le gouvernement de Kiev a arrêté de son côté plus de mille personnes pour « activités terroristes » sans respecter leur droit à la défense.

Par ailleurs, le rapport rappelle que les habitants des régions reconquises par le gouvernement craignent des représailles. Ils n’ont pas confiance dans une enquête des autorités et redoutent l’impunité, affirme le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.

(Interview : Gianni Magazzeni, Chef de la branche des Amériques, de l'Europe et de l'Asie centrale au Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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30/09/2014
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