Ukraine : le CICR confirme la poursuite des bombardements à Lougansk privée des services de base

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Logo du Comité international de la Croix-Rouge (Photo :ONU)

Alors que la responsable des affaires humanitaires des Nations Unies, Valerie Amos poursuit jusqu'au 24 sa visite en Ukraine et que le Secrétaire général adjoint des affaires politiques Jeffrey Feltman, s'est rendu jeudi à Kiev, la situation humanitaire dans l’Est du pays, où s'affrontent toujours les séparatistes pro-russes et les forces gouvernementales, reste inquiétante. Les bilans font état de plus de 2 000 morts en quatre mois de conflit.

Lors de sa visite qui doit durer jusqu’au 24 août, Mme Amos doit rencontrer à Kiev de hauts responsables du gouvernement, des membres du corps diplomatique, des représentants de la société civile et des collègues des Nations Unies, a indiqué jeudi le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Jeudi, elle a notamment rencontré le Premier ministre Arseniy Yatsenyuk.

« Valerie Amos doit aussi se rendre dans l’Est de l’Ukraine pour voir par elle-même la situation humanitaire des gens dans les zones affectées par les combats », a précisé OCHA.

Une équipe de trois personnes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu se rendre jeudi à Lugansk et constater que l’approvisionnement en eau et en électricité ont été coupés à cause des dommages aux infrastructures essentielles. Les rues sont vides et les gens restent chez eux de peur d’être pris au milieu des combats en cours, avec des bombardements intermittents dans les zones résidentielles mettant en danger les civils.

Le CICR indique que des centaines de milliers de personnes ont fui les combats et peu d’aide a atteint les zones touchées par les récentes hostilités. En raison de la destruction des lignes de téléphone et la mise hors d'usage de l’internet, de nombreuses personnes ont perdu le contact avec les membres de leur famille.

L’équipe de trois personnes du CICR est allée à Lugansk afin de prendre des dispositions relatives au passage des deux convois d’aide, russe et ukrainien. Le CICR et la Croix-Rouge ukrainienne ont livré une partie de l’aide, comprenant des denrées périssables, donnés par les autorités ukrainiennes à un certain nombre de villes de l’est du pays, y compris Starobilsk, Lysychansk et Sievierodonetsk. La distribution de produits tels que les fruits et légumes a déjà atteint plus de 20.000 personnes déplacées dans des abris et des hôpitaux.

Le CICR a pris toutes les mesures administratives et préparatoires nécessaires pour le passage du convoi russe – garé un temps à la frontière, en attendant les contrôles douaniers – y compris l’envoi de personnel supplémentaire pour la région et la réception de l’autorisation des autorités ukrainiennes pour confirmer la nature humanitaire de la cargaison après les contrôles douaniers. L’Organisation était donc prête à livrer l’aide à Lugansk, à condition que la Russie et l’Ukraine soient d’accord sur le caractère strictement humanitaire de ce convoi et qu'elles assurent que le passage en toute sécurité sera respecté par les parties en conflit. Un principe qui semblait acquis. Or entre-temps, la situation  sur place étant restée trop volatile, le CICR a estimé qu’il ne pouvait accompagner le convoi russe. Ce dernier serait parti sans les membres du CICR.

 

En vertu du droit international humanitaire, les parties au conflit doivent respecter et protéger le personnel de secours humanitaire, en particulier ceux qui présentent légalement l’emblème de la Croix-Rouge.

Le CICR rappelle que les attaques ne doivent pas être dirigées contre des civils ou des biens civils, tels que les maisons, les écoles et les installations médicales et les véhicules, ou contre des objets indispensables à la survie de la population civile, telles que les installations d’alimentation et d’eau potable. De même, chaque partie au conflit doit, dans la mesure du possible, éviter de placer des objectifs militaires à l’intérieur ou à proximité de zones densément peuplées.

(Extrait sonore : Stéphane Bonamy, Délégué du CICR à New York; propos recueillis par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
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17/10/2017
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