Thaïlande : l’ONU préoccupée par les conditions de détention d’une jeune opposante

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Une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HDCH), Ravina Shamdasani. Photo ONU multimedia

Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré mardi très préoccupé par les conditions de détention de responsables politiques, de militants, d’universitaires et de journalistes après le coup d’État militaire en Thaïlande en mai de cette année.

Depuis le 22 mai 2014, plus de 700 personnes ont été convoquées et arrêtées par le Conseil national pour la paix et l’ordre (NCPO). Alors que la plupart d’entre elles ont été libérés dans la semaine qui a suivi leur arrestation, conformément à la loi martiale, un nombre non vérifiée de personnes ont été détenues pendant plus de sept jours sans accès à un avocat et à leurs familles. « Nous craignons que la détention au secret crée un environnement favorable à d’éventuelles violations des droits de l’homme, y compris la torture et les mauvais traitements », a dit une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’une conférence de presse à Genève.

Elle a cité notamment le cas de Kritsuda Khunasen, une étudiante qui travaillait pour un membre important du groupe des « Chemises rouges » qui soutient le gouvernement déchu. Kritsuda Khunasen affirme que lors de sa détention, qui a duré du 28 mai au 24 juin, elle a eu les yeux bandés pendant sept jours, elle a été battue à plusieurs reprises et a perdu conscience après qu’un sac plastique a été placé sur sa tête.

La porte-parole du HCDH a rappelé que le 16 juillet, la Haut Commissaire, Navi Pillay, a fait part de sa préoccupation auprès des autorités thaïlandaises sur le cas de Kritsuda Khunasen. Avant cela, le 11 juin, Navi Pillay a communiqué avec les autorités thaïlandaises, en soulignant que les mesures d’urgence devaient être conformes aux normes internationales des droits de l’homme. « Jusqu’à présent, les autorités n’ont pas apporté de réponse de fond à ces préoccupations », a dit Ravina Shamdasani.

« Les autorités thaïlandaises doivent immédiatement mener une enquête indépendante et approfondie sur les allégations de torture de Kritsuda Khunasen, et, si cela est confirmé, traduire les auteurs en justice », a ajouté la porte-parole.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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15/12/2017
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