Syrie: l’ONU accuse l’EIIL d’exécuter régulièrement des civils en public les vendredis

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Les exécutions publiques de civils les vendredis dans les zones syriennes sous contrôle de l'Etat islamique en Iraq et au Levant (EIIL) sont devenues un «spectacle ordinaire». Selon les conclusions de ce nouveau rapport de la Commission d’enquête de l’ONU, ces exécutions sommaires ont pour objectif d’«instiller la terreur parmi la population» et de s’assurer que cette dernière soit soumise à son autorité.

L'équipe de Paulo Pinheiro accuse une fois de plus le gouvernement de commettre des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Elle soupçonne par ailleurs Damas d’avoir utilisé des armes chimiques en avril dernier.

La Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur la Syrie a rendu public ce mercredi 27 août à Genève son dernier rapport sur les violations des droits humains dans ce pays.

La commission a accusé mercredi l’Etat islamique d’exécutions publiques et de tortures. «Les exécutions dans les lieux publics sont devenues un spectacle ordinaire les vendredis à Raqqa et dans les zones contrôlées par l’État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) dans la province d’Alep», indique la commission d’enquête internationale de l’ONU, soulignant qu’il s’agit de crimes contre l’humanité.

D’après ce huitième rapport, les djihadistes encouragent et obligent même parfois la population à assister à ces exécutions, d’après les enquêteurs. La majorité des victimes sont des hommes, mais plusieurs garçons âgés entre 15 et 17 ans ont aussi été exécutés sommairement, ainsi que des femmes.

Dans ce dernier rapport, les enquêteurs accusent une fois de plus le gouvernement de commettre des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Les groupes armés non étatiques sont également accusés de commettre des crimes de guerre.

La commission d’enquête soupçonne par ailleurs Damas d’avoir largué des barils d’explosifs additionnés de chlore à Kafr Zeita, à Al- Tamana’a et à Tal Minnis. «Il existe des motifs raisonnables de croire que les armes chimiques, probablement du chlore, ont été utilisées» huit fois sur une période de 10 jours en avril, écrivent les enquêteurs.

La Commission a été mandatée par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour enquêter sur les crimes commis par toutes les parties en Syrie. Elle a été mise en place en août 2011 et publie depuis cette date des rapports. La mise à jour publiée mercredi concerne la période du 20 janvier au 15 juillet dernier et est basée sur 480 entretiens.

(Interview : Paulo Pinheiro, Président de la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur la Syrie ; Propos recueillis par Alpha Diallo)

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24/10/2014
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