OIT : Un monde sans accidents du travail mortels est possible

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Guy Ryder, Directeur général de l’OIT

 Un monde sans accidents du travail graves ou mortels est possible: tel est le message délivré lundi 24 août à Francfort, en Allemagne, par les organisateurs du XXe Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail, lors de l'ouverture de ce qui constitue le plus grand événement mondial dans le domaine de la sécurité au travail.

 Plus de 4 000 experts, responsables politiques et scientifiques du domaine de la sécurité au travail et issus de 130 pays, se retrouveront jusqu'à mercredi soir pour échanger sur les stratégies à mettre en place afin d'améliorer la sécurité et la santé au travail. Co-organisé tous les trois ans par l'Organisation internationale du Travail (OIT) et l'Association internationale de la sécurité sociale (AISS), le Congrès est accueilli cette année par l'Assurance sociale allemande des accidents du travail et maladies professionnelles (DGUV).

 Selon l'OIT, 2,3 millions de personnes à travers le monde décèdent chaque année des suites d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle. En outre, ce sont 860 000 accidents du travail qui se produisent chaque jour, avec des conséquences en termes de blessures. Les coûts directs et indirects des accidents du travail et maladies professionnelles à l'échelle mondiale sont évalués à 2 800 milliards d'USD.

 «Ces chiffres sont inacceptables. Pourtant, ces tragédies quotidiennes font rarement la une de l'actualité mondiale. A l'évidence, il reste encore beaucoup à faire. Les accidents du travail graves sont d'abord des drames humains, mais l'économie et la société en paient aussi le prix», a déclaré Guy Ryder, Directeur général de l'OIT. «Le droit à un lieu de travail sûr et sain est un droit humain élémentaire – un droit qui doit être respecté quels que soient le niveau de développement et les conditions économiques. Respecter ce droit humain est un devoir – et une condition indispensable à un développement économique durable. La prévention est possible, elle est nécessaire, et elle paie.»

 «Les investissements dans la prévention des risques ont eu des retombées socio-économiques remarquables», a ajouté Errol Frank Stoové, Président de l'AISS, citant une récente étude de l'AISS qui montre que ces investissements rapportent plus de deux fois le montant investi. Cependant, à l'heure où le monde du travail connaît des transformations radicales, la santé et le bien-être des travailleurs demeurent une source de préoccupation, notamment en raison du stress et des problèmes ergonomiques. Face à cette réalité, nous devons concevoir des stratégies de prévention nouvelles, plus intégrées, et qui établissent un lien entre la sécurité, la santé et le bien-être individuel.»

 «Vision Zéro n'est pas un concept déconnecté de la réalité. C'est un objectif réalisable», a estimé Joachim Breuer, Directeur général de la DGUV, citant à l'appui de son propos les statistiques de la DGUV en matière d'accidents du travail: «Il y a un siècle, on dénombrait en Allemagne 10 000 décès liés au travail par an. L'année dernière, ce chiffre a été, pour la première fois, inférieur à 500 par an. Quant au nombre d'accidents déclarés, il a été divisé par deux en l'espace de seulement vingt ans. Ces bons résultats ne sont pas spécifiques à l'Allemagne: ils peuvent être reproduits ailleurs. L'expérience et les nombreux exemples issus de nos efforts en matière de coopération internationale l'ont prouvé.»

Dr Walter Eichendorf, Président de l'édition 2014 du Congrès mondial, a ajouté: «Des solutions aux problèmes de sécurité au travail sont élaborées partout dans le monde. On dispose d'exemples concernant les meilleures pratiques, et des mesures sont testées et évaluées dans les pays les plus divers. L'échange d'idées que permet le Congrès mondial évite à chacun d'avoir à repartir de zéro.»

(Extrait sonore : Guy Ryder, Directeur général de l'OIT)

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20/10/2017
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