Nigéria / Boko Haram : situation "franchement sérieuse" selon le Haut Représentant de l'ONU

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Said Djinnit, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’ouest. Photo ONU/Paulo Filgueiras

Au lendemain de l'enlèvement des plus de 200 filles de Chibok au nord est du Nigéria par le groupe armé Boko Haram, le Secrétaire général des Nations Unies a dépêché son Représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest, Said Djinnit, en tant que Haut Représentant pour le Nigéria.

L'Envoyé de Ban Ki-moon s'est immédiatement rendu sur place et a proposé un « paquet de soutien intégré », rassemblant tous les domaines où le système des Nations Unies peut apporter une valeur ajoutée pour appuyer le Nigeria, notamment en matière de coordination humanitaire, de contre-terrorisme ainsi qu'en droits de l'homme. Celui-ci comprendrait une assistance directe aux communautés affectées, dont les parents et les jeunes filles une fois qu'elles seront libérées.

« Nous avons le service du contre-terrorisme, qui est disposé à monter en puissance son assistance en renforcement des capacités, nous avons aussi une assistance dans le domaine humanitaire pour les aider à coordonner l'action humanitaire et nous les avons encouragé à faciliter l'accès humanitaire parce qu'il n'est pas toujours facile, et enfin, sur les droits de l'homme, à travers le Haut Commissariat aux droits de l'homme, nous avons offert d'aider la Commission nationale des droits de l'homme à monter en puissance sa capacité de monitoring mais aussi à entrainer et former les militaires dans les droits de l'homme », a précise Said Djinnit, dans une interview à la Radio des Nations Unies.

Pour ce qui est de la libération des jeunes filles, le Haut Représentant précise que les autorités gouvernementales privilégient désormais une solution négociée car une intervention militaire risquerait de nuire aux filles.

A ce jour le diplomate algérien a effectué trois visites au Nigéria. Il constate que le pays est en train de lutter pour venir à bout de la situation d'insécurité dans le nord est du pays, soulignant que le pays n'était ni préparé, ni équipé pour le faire.

L'organisation des structures de sécurité, les difficultés constatées entre les différents États avec l'État fédéral et les divisions politiques ont causé beaucoup de perte d'énergie, a déclaré l'Envoyé de l'ONU, qui dit avoir encouragé toutes les parties prenantes à mobiliser toutes leurs ressources et efforts pour faire face à cette menace.

Comme en témoignent les événements récents au Cameroun, la menace s'est à présent étendue aux pays voisins, prenant une envergure régionale. Elle touche en effet tous les pays du Lac Tchad, à savoir le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad. Là aussi le Haut Représentant a porté le même message de l'ONU : il faut que ces pays travaillent ensemble étroitement pour lutter contre cette menace commune.

Enfin le Haut Représentant du Secrétaire général pour le Nigeria revient sur l'évolution de la réponse coordonnée régionale et internationale, dont la mise en œuvre d'une unité de fusion de renseignement.

Pour Said Djinnit, la montée en puissance de Boko Haram s'inscrit dans une combinaison de facteurs notamment de divisions internes liés à un contexte d'insécurité régionale.

Le Bureau des affaires humanitaires a annoncé cette semaine qu'en un an, les attaques de Boko Haram ont provoqué le déplacement de 650.000 Nigérians.

(Interview : Said Djinnit, Haut Représentant du Secrétaire général pour le Nigéria et Représentant spécial pour l'Afrique de l'Ouest ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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25/12/2014
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