Méditerranée : trois tragédies maritimes en cinq jours font craindre un lourd bilan

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A bord d’un navire italien, un Syrien tient son fils d’un an dans les bras. Mais plusieurs réfugiés n'ont pas eu la chance d'être secourus en mer Méditerranée. © HCR/A.D’Amato

Ces derniers jours ont été les plus meurtriers de 2014 en Méditerranée pour les personnes qui effectuent des traversées irrégulières vers l’Europe, avec au moins trois embarcations ayant chaviré ou coulé et la perte de plus de 300 vies humaines. Dans l’ensemble, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR)  estime désormais que 1 889 personnes ont déjà péri cette année dans la tentative de traversée, dont 1 600 depuis début juin.

 

De ce cimetière marin qu'est devenu la Méditerranée, la traversée entre les côtes libyennes et italiennes continue d'apporter son lot de victimes, avec au moins 300 disparus ces derniers jours. Dernier épisode de ce décompte macabre établi par le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), la découverte de 24 corps retrouvés après le naufrage dimanche soir d’un chalutier au nord des côtes de Tripoli. Les recherches entreprises par la marine italienne ont permis de sauver 364 migrants.

Le samedi 23 août, dix-huit cadavres ont été découverts à bord d’un canot pneumatique immobilisé en mer au sud de Lampedusa. A bord, ces cadavres étaient à côté de 73 survivants dont des Ouest-africains et des réfugiés soudanais.  Mais le bilan fut plus dramatique vendredi 22 août dernier avec la disparition d'au moins une centaine de migrants après le renversement d'une embarcation qui avait à ses bords près de 270 personnes.

Cette série de naufrage porte déjà à près de 1890 le nombre total de décès en mer cette année, dont 1600 depuis le mois de juin. Parmi les victimes, des personnes qui fuient les violences ou la persécution dans leurs pays.

Le HCR estime que près de 110 000 migrants sont arrivés en Italie par la mer depuis janvier 2014.

Le principal pays de départ pour l’Europe est la Libye, où la dégradation de la sécurité a fait augmenter les opérations de traite d’êtres humains par des passeurs. Elle a également incité des réfugiés et des migrants, qui vivent en Libye, à décider de risquer la traversée plutôt que de rester en zone de conflit. Le bureau du HCR à Tripoli reçoit des appels quotidiens de réfugiés, de demandeurs d’asile et d’autres personnes vulnérables disant craindre pour leur vie et demandant désespérément de la nourriture, de l’eau, des médicaments et une réinstallation. Ceux qui ont choisi de partir pour l’Italie décident d’entreprendre des trajets plus longs et plus risqués depuis de nouveaux ports de départ comme par exemple Benghazi.

Alors que davantage de réfugiés et de migrants, pour la plupart des Erythréens, des Syriens et des Somaliens, risquent leur vie en mer pour rejoindre l’Europe, le HCR estime qu'une action urgente est nécessaire, y compris dans la recherche d’alternatives légales à ces traversées dangereuses. Il est essentiel que les survivants de ces tragédies, qui ont souvent perdu famille et amis, puissent immédiatement accéder à un soutien psychologique, une fois qu’ils sont débarqués.

Le HCR a également appelé à mettre en place des procédures pour permettre l’identification des corps retrouvés en mer ainsi que pour fournir des informations rapides et claires afin que les familles ne soient pas soumises à des souffrances supplémentaires inutiles.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève, pour la Radio des Nations Unies)

Classé sous Femmes et enfants, L'info.
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20/10/2017
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