Maladies non transmissibles : le lourd tribut payé par les pays en développement

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L’Assemblée générale des Nations Unies a examiné le 20 juillet dernier, dans le cadre d’une réunion de haut niveau, les progrès réalisés en matière de prévention et de lutte contre les maladies non transmissibles.

Les maladies non transmissibles, notamment les cancers, les maladies cardiaques et pulmonaires, tuent chaque année 36 millions de personnes. Un quart des décès surviennent chez des personnes âgées de moins de 60 ans, dont 9 sur 10 vivent dans des pays en développement.

Autant d’inégalités sur lesquelles est revenu le Président de l’Assemblée générale, John Ashe, en insistant sur la situation des pays des Caraïbes et du Pacifique. Selon lui, l'augmentation rapide des modes de vie malsains tels que le tabagisme, la mauvaise alimentation, l'inactivité physique et l'usage nocif de l'alcool affectent les populations les plus pauvres dans les pays les plus pauvres. Les charges sur le système sanitaire et sur l’économie de ces maladies non transmissibles ont gravement compromis les acquis du développement dans de nombreux pays en développement, en particulier les pays à revenu faible et intermédiaire.

Les maladies non transmissibles ont une incidence très troublante dans le Pacifique et les Caraïbes, où près de 25% de la population dans ces deux régions en sont atteintes. Aussi pour le Président de l’Assemblée il importe de rappeler que les pays de ces régions ont de très petites populations, mais également que c’est la partie de la population la plus productive, et contribuant la plus au développement national, qui est la plus frappée par ces maladies. C’est pourquoi, alors que la communauté internationale continue se efforts pour construire un monde plus sain et plus durable, elle doit rester consciente et aborder le risque très réel que les maladies non transmissibles représentent pour le développement humain durable.

Les maladies non transmissibles (MNT), également appelées maladies chroniques, ne se transmettent pas d'une personne à l'autre. Elles sont de longue durée et évoluent en général lentement. Les quatre principaux types de maladies non transmissibles sont les maladies cardiovasculaires (accidents vasculaires cardiaques ou cérébraux), les cancers, les maladies respiratoires chroniques (comme la broncho-pneumopathie chronique obstructive ou l'asthme) et le diabète.

Les MNT ont déjà un impact disproportionné sur les pays à revenu faible ou intermédiaire, qui recensent près de 80% des décès dus à ces maladies, soit 29 millions. Elles sont les premières causes de mortalité dans toutes les régions, sauf en Afrique.

Cependant selon les projections actuelles, ce continent devrait enregistrer d'ici 2020 la plus forte augmentation du nombre des décès dus aux MNT. Celui-ci devrait dépasser le nombre cumulé des décès dus aux maladies transmissibles, aux maladies nutritionnelles et à la mortalité maternelle et périnatale. D'ici 2030, les MNT y deviendront la cause la plus courante de mortalité.

(Interview : Regina Guthold, Conseillère technique pour les facteurs de risque des maladies non transmissibles à l’OMS; propos recueillis par Jérôme Longué)

 

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26/12/2014
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