Libye : l'OIM préoccupée par le sort des migrants piégés par les combats à Tripoli

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Un homme dans sa maison endommagée par les combats en Libye. Photo: IRIN/Zahra Moloo

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), souligne que cela fait plus de quatre semaines que Tripoli a sombré dans la violence entre milices rivales, qui procèdent à des tirs aveugles de missiles et de roquettes dans les zones bâties. Les pénuries de carburant et de gaz ont été signalées, ainsi que d’une forte hausse des prix. Des pénuries ont également été signalés concernant l’approvisionnement en produits alimentaires de base, dont le pain et les aliments pour bébés, dans tous les quartiers de la capitale libyenne, à la suite d’un pillage des grands magasins d’alimentation et des entrepôts.

Les habitants de Tripoli sont également confrontés à un manque de médicaments et de fournitures de santé, en particulier de médicaments pour les maladies chroniques telles que l'hypertension artérielle et le diabète. En outre, les vaccins ont été volés dans les entrepôts publics et privés.

Selon les autorités, les combats ont fait des centaines de morts. Plus de 10.000 familles, c’est-à-dire plus de 50.000 personnes ont été déplacées par les combats. Certains d’entre elles ont trouvé des abris de fortune parce qu’il est très difficile pour les associations humanitaires de leur fournir un appui.

L'OIM aide les gens dans le besoin, autant que possible, mais il est pratiquement impossible de surveiller la situation dans les établissements de détention pour migrants. L’OIM aide également les associations de soutien psycho-social, car la situation était très stressante, et le principal hôpital psychiatrique El Razi à Tripoli n’est plus opérationnel. Il y a eu un flux constant de Libyens, de Tunisiens et d'autres ressortissants de pays tiers à la frontière tunisienne. Le flux quotidien qui avait augmenté juste avant les fêtes de l’Eid, a culminé à environ 16.000 personnes par jour, mais a considérablement ralenti depuis la semaine dernière. Le gouvernement disposait d’environ 18 centres de détention en Libye, contenant environ 5.000 personnes. Les migrants et les demandeurs d’asile ont été victimes de violences et de vols. Beaucoup d’entre eux ont trop peur de quitter leurs maisons en raison de la crainte d’être enlevés par les milices et d’avoir à payer une rançon pour leur libération. L'OIM s’attend à une augmentation du nombre de personnes qui veulent fuir vers l’Italie en bateau.

De son côté, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), dans un communiqué publié mardi, condamne fermement les combats continus à Tripoli malgré les appels officiels et internationaux répétées pour un cessez-le-feu immédiat. La MANUL qui exhorte à s’abstenir de recourir à la force pour régler les différends politiques.

La Mission déplore l’augmentation du nombre de victimes civiles et exprime sa profonde inquiétude à propos de la pénurie de fournitures médicales, le déplacement de milliers de familles, l’énorme destruction des résidences et des infrastructures ainsi que l’arrêt de l’activité économique.

La Mission condamne également les combats continus dans la région de l’Est, qui infligent des dommages à la population civile, et les attaques contre la police et les positions de l’armée ainsi que le recours d’avions militaires pour lors des combats.

La MANUL, en coordination avec les partenaires internationaux, est en contact permanent avec toutes les parties en vue de parvenir à un cessez-le-feu, de mettre fin à l’effusion de sang et d'accepter des solutions politiques aux problèmes actuels. La Mission appelle toutes les parties à répondre positivement à ces efforts sans délai.

(Extrait sonore : Christiane Berthiaume, porte-parole de l'OIM)

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16/10/2017
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