Le Darfour continue de connaître une situation humanitaire très grave, selon l’ONU

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Le Représentant spécial conjoint de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour, Mohamed Ibn Chambas. Photo ONU/Paulo Filgueiras

Onze ans après le début du conflit au Darfour, la situation humanitaire dans cette région du Soudan continue d’être très grave, a déclaré jeudi le Représentant spécial conjoint des Nations Unies et de l’Union africaine, Mohamed Ibn Chambas, devant le Conseil de sécurité.

« On estime que le nombre de personnes déplacées par les combats au Darfour depuis le début de l’année 2014 est passé de 250.000 à 385.000 personnes, en plus des quelques 2 millions de personnes déplacées sur le long terme », a expliqué M. Chambas aux membres du Conseil.

Selon lui, avec près de 30% de la population du Darfour déplacée, une solution politique est clairement impérative pour affronter cette situation humanitaire.

Au cours des derniers mois, les combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés ont fortement diminué mais les violences intercommunautaires se sont poursuivies, notamment entre des tribus en concurrence pour les ressources.

« L’insécurité, la criminalité et les restrictions de mouvements imposées par les forces gouvernementales, les groupes armés et les milices posent un défi pour l’application du mandat de la Mission de l’Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD), entravent les activités des agences humanitaires et menacent la sécurité des employés des Nations Unies et des organisations humanitaires », a dit M. Chambas.

Selon le Représentant spécial conjoint, « le défi pour la communauté internationale est de faire comprendre à toutes les parties impliquées dans le conflit au Darfour qu’une solution militaire et le statu quo sont intenables. »

A cet égard, le dialogue national proposé en début d’année par le Président du Soudan, Omar Al-Bachir, représente une opportunité de résoudre la crise, a estimé M. Chambas. Il a exhorté le Conseil de sécurité à jouer un rôle actif pour soutenir l’organisation d’un tel dialogue au Soudan.

« Je continuerai également à exhorter le gouvernement du Soudan à entrer directement en contact avec les groupes armés pour se mettre d’accord sur les arrangements de sécurité afin de garantir leur participation au dialogue national », a-t-il ajouté.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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19/12/2014
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