Gaza : l’ONU condamne la violation du cessez-le-feu humanitaire par le Hamas

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Un garçon palestinien réfugié dans une école des Nations Unies dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza. Photo UNICEF/El Baba

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a condamné vendredi dans les termes les plus forts la violation par le Hamas de la trêve humanitaire qui avait débuté le matin-même à Gaza et il s’est dit choqué et profondément déçu par ces développements.

« Le Secrétaire général note que l’ONU n’a aucun moyen indépendant de vérifier exactement ce qui s’est passé. Selon les dernières informations, deux soldats de l’armée israélienne ont été tués et un autre kidnappé après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu humanitaire », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse. « Cela constituerait une grave violation du cessez-le-feu, et cela pourrait avoir des conséquences très graves pour la population de Gaza, d’Israël et au-delà. Ceci remet en question la crédibilité des assurances du Hamas à l’Organisation des Nations Unies. Le Secrétaire général demande la libération immédiate et inconditionnelle du soldat capturé. »

Le Secrétaire général s’est déclaré profondément préoccupé par la reprise des attaques israéliennes sur Gaza et le meurtre de plus de 70 Palestiniens ce matin. « Au lieu de donner aux deux côtés, en particulier aux civils de Gaza, un répit bien nécessaire pour leur permettre de prendre soin de leurs blessés, enterrer leurs morts et réparer les infrastructures vitales, cette violation du cessez-le-feu conduit maintenant à une nouvelle escalade », a ajouté le porte-parole de Ban Ki-moon.

Le Secrétaire général a exhorté les deux parties à faire preuve d’un maximum de retenue et à revenir à la trêve humanitaire de 72 heures qui avait été convenue et qui a duré très de peu de temps. Il a aussi exhorté ceux qui ont une influence sur les parties en conflit à tout faire pour les convaincre d’observer le cessez-le-feu humanitaire.

Vendredi matin, le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, avait indiqué avoir été informé par les autorités israéliennes d’un incident grave à Gaza après le début de la trêve humanitaire à 8h00 du matin heure locale. Cet incident implique un tunnel derrière les lignes de l’armée israélienne dans la zone de Rafah de la bande de Gaza, avait-il précisé.

De leur côté, les agences humanitaires ont lancé vendredi un appel de 369 millions de dollars auprès des bailleurs de fonds pour répondre aux besoins urgents à Gaza. Cet appel de fonds a été officiellement lancé par le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies, James W. Rawley, et le Ministre palestinien des affaires sociales, Shawqi Issa.

L’appel de fonds estime que l’ensemble de la population de la bande de Gaza (1,8 million de Palestiniens) est touchée par les hostilités de plusieurs façons. L’appel vise à soutenir l’accès à la santé et à l’eau ainsi qu’à répondre aux besoins des personnes déplacées. L’assistance sera fournie par les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales locales et internationales (ONG).

« Une forte mobilisation des ressources est nécessaire pour satisfaire les besoins les plus urgents, en particulier ceux découlant du nombre élevé de personnes déplacées et des importants dommages causés à l’infrastructure », a déclaré M. Rawley. « Mais ces ressources auront peu de sens si le blocus de Gaza et le déni des droits des Palestiniens continuent. Dans un premier temps, toutes les agences humanitaires devraient bénéficier d’un passage et d’un accès sûrs », a-t-il poursuivi.

(Extrait sonore : Maria Jose Torres, adjointe de la coordination humanitaire de l'ONU à Gaza; propos recueillis par Florence Westergard)

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19/09/2014
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