Traite des êtres humains : redonner l'espoir et la dignité aux millions de victimes

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Le drame caché du trafic d’êtres humains à des fins sexuelles (Photo : ONU)

En ce mercredi 30 juillet 2014, les Nations Unies célèbrent la première Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d'êtres humains. A cette occasion, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, lance un appel pour faire cesser ce crime et donner de l'espoir aux 22 millions de victimes, qui pour la plupart sont des femmes et des enfants vulnérables condamnés à une vie de souffrances.

Selon l'ONUDC, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, dont le Siège se trouve à Vienne, en Autriche, la traite des êtres humains est particulièrement lucrative puisqu'elle rapporte 32 milliards de dollars par an, ce qui la classe juste après le trafic de drogue et le trafic d'armes.

Dans son message, Ban Ki-moon souligne également que la traite d'êtres humains est une entreprise mondiale sans pitié qui prive les victimes de leurs droits et de leur dignité et génère des milliards de dollars au profit de réseaux de criminalité organisée. Il rappelle que les victimes subissent souvent une exploitation sexuelle et sont contraintes à travailler dans des conditions proches de l'esclavage.

Aussi, le Secrétaire général appelle-t-il en cette première Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d'êtres humains à l'action pour faire cesser ce crime et donner de l'espoir aux victimes ignorées. Il exhorte tous les pays à ratifier et à appliquer intégralement la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et son Protocole additionnel relatif à la traite d'êtres humains.

Ban Ki-moon précise aussi que même si la répression, la coopération transfrontières et les échanges d'informations sont efficaces dans la lutte contre la traite d'êtres humains, il faut attaquer le mal à la racine. La pauvreté extrême, l'inégalité solidement implantée et l'absence d'éducation et de perspectives dans la vie créent des vulnérabilités que les trafiquants ne manquent pas d'exploiter. Au bout du compte, la meilleure protection est d'accélérer le développement pour tous.

Enfin, le patron de l'ONU met l'accent sur la réinsertion des victimes de la traite qui ont la chance d'être libérées. A cet égard, le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies en faveur des victimes de la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, mène une action en leur nom mais a besoin de financements supplémentaires. Aussi, demande-t-il à chacun d'appuyer la campagne de l'ONU intitulée « Ouvrez votre cœur aux victimes de la traite ».

Selon Pierre Lapaque, Représentant régional de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour l'Afrique de l'Ouest et du centre, joint à Dakar, l'Afrique de l'Ouest et du centre souffre comme toutes les régions du monde de ce fléau. C'est pourquoi le Bureau régional mène toute une action de sensibilisation auprès des États Membres pour s'assurer qu'ils mettent en œuvre les instruments juridiques pertinents. Même si la traite des êtres humains concerne largement les femmes et les enfants, à des fins sexuelles, en Afrique de l'Ouest et du centre, la traite, véritable forme moderne de l'esclavage, frappe aussi les secteurs des mines, de l'agriculture et de la pêche. Il y a également à relever l'énorme défi de la mendicité forcée.

(Interview : Pierre Lapaque, Représentant régional de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour l'Afrique de l'Ouest et du centre; propos recueillis par Jérôme Longué)

 

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23/10/2014
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