Navi Pillay exprime sa préoccupation suite à l’expulsion de demandeurs d’asile de l’Australie vers le Sri Lanka

Écouter /

Un bateau de migrants. Photo UNHCR/A. Di Loreto

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a appelé l’Australie à revoir ses procédures vis-à-vis des demandeurs d’asile sri lankais. Cette mise en garde intervient après l’annonce faite hier lundi par Canberra sur le refoulement de 41 demandeurs d’asile vers Sri Lanka après les avoir interceptés en mer.

Au cours de presse ce mardi à Genève, la porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani a indiqué que les personnes de ce bateau n’ont pu contacter des membres de leur famille ou des organisations de réfugiés depuis leur interception il y a une semaine.

« Nous espérons que la question sera sujette à un examen juridique complet conforme aux obligations de l’Australie au regard du droit international », a-t-elle ajouté. Elle a notamment évoqué la question du « non refoulement », qui empêche de renvoyer un réfugié sans une audition équitable, un point clé de la Convention sur les réfugiés de 1951.

Cet appel des services de la Haut-Commissaire Navi Pillay intervient après l'injonction provisoire de la Cour Suprême australienne qui a interdit lundi à Canberra de renvoyer un bateau transportant 153 demandeurs d’asile sri lankais dont 37 enfants.

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), avait également fait part de « son inquiétude profonde » et rappelé à Canberra ses obligations internationales, à savoir l’examen au cas par cas des demandes d’asile, selon des procédures équitables. Selon l'agence basée à Genève, le principe de non-refoulement (l’interdiction de retour dans un contexte de menaces sur la vie ou sur la liberté) inscrit dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et plus largement en vertu du droit international coutumier est clair: il s’applique peu importe l’endroit où un demandeur d’asile se trouve et quelque soit la façon dont l’expulsion ou le retour sont menés, y compris pendant l’interception et d’autres opérations en mer.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
19/10/2017
Loading the player ...