Iraq : les djihadistes ordonnent des mutilations génitales

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Une famille dans leur tente dans le camp de Garmawa : ces déplacés ont Tal Afar pour se réfugier dans le gouvernorat de Dohouk au Kurdistan d’Iraq. (Photo:HCR/Hussein).

Quatre millions de femmes âgées de 11 à 46 ans pourraient être des victimes de la nouvelle fatwa des djihadistes de l’Etat islamique (EI, anciennement Etat islamique en Iraq et au Levant). Ces derniers, qui ont lancé une offensive sur l’Iraq en juin pour y proclamer un califat, ont ordonné que les femmes âgées de 11 à 46 ans subissent des mutilations génitales.

« C’est une fatwa de l’EI, nous venons d’en être informés », a déclaré depuis l’Iraq Jacqueline Badcock, Coordonnatrice résidente humanitaire de l'ONU lors d’une vidéoconférence organisée à Genève.

Selon l'équipe humanitaire des Nations Unies en Iraq, les djihadistes de l'EIIL, Etat Islamique en Iraq et au Levant, ont ordonné des mutilations génitales sur les femmes. Lors d'une vidéo-conférence organisée ce jeudi à Genève, la Coordonnatrice résidente humanitaire de l'ONU indique avoir été informée d'une fatwa de l'EIIL.Ce décret ordonne que toutes les femmes âgées de 11 à 46 ans en Iraq subissent des mutilations génitales. Jacqueline Badcock ne donne pas de chiffre précis sur le nombre de femmes qui pourraient en être victimes.

Selon Jacqueline Badcock, les mutilations génitales n’étaient pas jusqu’à présent fréquentes en Iraq, et ne concernaient que quelques poches dans des régions isolées.

Elle a cependant cité des chiffres du Fonds des Nations unies pour la population, selon lesquelles « 4 millions de filles et de femmes pourraient être affectées en Iraq.

Autre source de préoccupation pour les équipes des Nations Unies, le sort des minorités. À cet égard, la Coordonnatrice résidente humanitaire de l'ONU a rappelé qu’il ne restait plus « qu’une vingtaine de familles chrétiennes à Mossoul », soutenues par des ONG telles que Caritas. Certaines de ces familles se seraient converties à l’islam, les autres ont préféré payer l’amende imposée par l’EIIL. La semaine dernière, l'EIIL aurait a1pelé les habitants chrétiens de la ville de Mossoul « à se convertir à l’islam, à payer une taxe spéciale ou à quitter la ville », sans quoi ils seraient exécutés.

(Mise en perspective : Alpha Diallo, Genève ; avec un extrait sonore de Jacqueline Badcock, Coordonnatrice résidente humanitaire et Représentante adjointe du Secrétaire général de l'ONU en Iraq)

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18/09/2014
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