Iraq : l'EIIL une « menace complexe » pour le pays et la région

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Nickolay Mladenov (UN Photo)

Le Représentant permanent du Secrétaire général pour l'Iraq a averti ce matin devant le Conseil de sécurité, que le groupe armé de l'État islamique en Iraq et au Levant (EIIL) représente à présent une « menace complexe » à la paix et à la sécurité en Iraq. Il a également souligné la nécessité de mettre en œuvre tout plan de sécurité avec la pleine coopération du Gouvernement de l'Iraq et du Gouvernement régional du Kurdistan.

A l'approche des prochaines élections présidentielles, Nickolay Mladenov, qui intervenait par visioconférence depuis Bagdad, a aussi averti que l'Iraq ne peut pas se permettre de s'engager dans un processus prolongé de formation du gouvernement car « les menaces actuelles menacent l'existence même de l'État iraquien ». Il s'est aussi inquiété de la détérioration des relations entre Bagdad et Erbil.

Dans un premier temps, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq a indiqué que depuis sa dernière intervention, le groupe terroriste « notoire » l'État islamique de l'Iraq et du Levant avait conquis une partie du territoire de l'est de la Syrie, ainsi que la deuxième ville la plus importante du pays, et contrôlait à présent environ un tiers du territoire iraquien. L'EIIL a saisi environ 450 millions de dollars des coffres de la Banque centrale de Mossoul, contrôle des infrastructures critiques dans les champs de pétrole et a augmenté de manière notable ses capacités militaires, s'est-il notamment alarmé.

Le Représentant special pour l'Iraq a averti que l'EIIL représente à présent une « menace complexe » à la paix et à la sécurité en Iraq et au-delà et a dénoncé ses actions « criminelles et injustifiables ».

Nickolay Mladenov a appelé le Conseil de sécurité à exiger « sans équivoques » que l'EIIL cesse toutes les hostilités et atrocités et à s'assurer que les États Membres coopèrent avec les efforts en cours pour faire appliquer les sanctions.

Le Représentant spécial a expliqué que la stratégie de l'EIIL consiste à établir une zone de contrôle permanente échappant à tout contrôle des autorités locales par le biais de la terreur et de la violence. Cette organisation, a-t-il averti, cherche à radicaliser les populations en exploitant leurs griefs légitimes, manipule les divisions existantes au sein de la société iraquienne pour exacerber les divisions sectaires, fomente les troubles sociaux et sape l'autorité du Gouvernement et des élus.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq a ensuite parlé de la situation dans la région du Kurdistan et de la détérioration des relations entre Baghdad et Erbil. Il a appelé les dirigeants politiques à s'abstenir de prononcer des déclarations radicales et des accusations susceptibles de compliquer la situation.

Nikolay Mladenov a egalement dresser un tableau de l'impact des voilences sur les civils. Depuis le début de l'année 1,2 millions de personnes ont perdus leur domicile dont plus de trois quart d'entre eux se trouvent dans des zones qui échappent au contrôle du Gouvernement ou qui sont très peu sécures, tandis que des millions d'autres demeurent prises au piège dans des zones de combats. L'ONU a recensé plus de 1,600 « sites de déplacements » dans le pays. Aussi, les capacités d'accueil des gouvernorats dans la région du Kurdistan ont été dépassées par l'arrivée de 300.000 personnes nouvellement déplacées et qui rejoignent les 225.000 réfugiés syriens qui se trouvaient déjà dans la région.

Enfin entre les mois de janvier et de juin de cette année 5.500 civils ont été tuées et 12.000 autres blessées. Près de 900 personnes ont par ailleurs été tuées pendant le seul mois de juillet.

De toute évidence, a déclare le Représentant, suite à la chute de Mossoul, l'Iraq ne sera jamais comme avant. Il a souligné qu'en dépit de la menace sécuritaire fondamentale que pose l'EIIL, la solution à la crise ne se trouve pas dans la « boîte à outils des opérations militaires ».

Afin de réussir, a-t-il souligné, tout plan de sécurité doit être mis en œuvre avec la pleine coopération entre le Gouvernement de l'Iraq et le Gouvernement régional du Kurdistan, et doit comporter une condition sine qua non : tout le monde doit s'unir contre le terrorisme. Le Représentant spécial a aussi insisté sur l'importance de répondre aux racines de la violence en mettant notamment en œuvre des mesures politiques et sociales qui répondent aux préoccupations de l'ensemble des communautés, « sans exception ».

(Extrait sonore : Nickolay Mladenov, Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Iraq)

 

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01/10/2014
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