Gaza : Navi Pillay préoccupée par le nombre croissant de victimes civiles

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Des enfants palestiniens à Jérusalem-Est. Photo UNRWA

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé, ce vendredi 11 juillet à Genève, sa vive préoccupation face aux opérations militaires israéliennes qui ont causé la mort de civils palestiniens dans la Bande de Gaza, ainsi que des tirs indiscriminés de roquettes sur Israël depuis Gaza. Navi Pillay appelle toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Au total, les raids aériens israéliens ont fait près de 88 morts, dont au moins 21 enfants et 11 femmes tués depuis le début de l’opération israélienne « Protective Edge » mardi dernier.

Des centaines d’autres civils auraient été blessés. Des informations reprises par les médias israéliens évoquent plus de 800 raids depuis le début des opérations militaires israéliennes dont 60 dans la seule matinée du 10 Juillet.

Par ailleurs, certaines informations font état du lancement de 809 roquettes et 61 mortiers par les groupes armés palestiniens. A la date du 10 Juillet, neuf civils israéliens auraient été blessés alors qu’ils fuyaient vers des abris.

Navi Pillay rappelle qu'«Israël, le Hamas, et les groupes armés palestiniens ont déjà suivi cette voie dans le passé, elle n’a conduit qu’à des morts, des destructions, de la méfiance et à une prolongation douloureuse du conflit ». « Une fois de plus, les civils sont les principales victimes du conflit », a affirmé dans un communiqué la Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme, Navi Pillay.

Dans ces conditions, la Chef des droits de l'homme de l'ONU exhorte toutes les parties à respecter leurs obligations internationales, s'agissant notamment de la protection des populations civiles.  A cet égard, elle demande que les cibles civiles ne soient pas visées, que des moyens militaires ne soient pas placés dans des zones de population et que des attaques ne soient pas lancées depuis ces zones. Selon les Conventions de Genève, que l’ONU caractérise comme les lois humanitaires internationales, frapper des logements constitue une violation de ces règles sauf si ces maisons sont utilisées à des fins militaires.

« Pour sa part, le gouvernement d’Israël doit prendre toutes les mesures possibles pour assurer le plein respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précautions » lors des raids aériens menés durant la conduite des hostilités, comme l’exige le droit international humanitaire. « Dans tous les cas, ils doivent éviter de cibler les civils », dit-elle.

« Cependant, nous avons reçu des rapports troublants sur le fait que nombre de victimes civiles, y compris des enfants, sont le résultat de frappes sur des maisons», fait remarquer la Chef des droits de l'homme de l'ONU.  « Même si une maison est identifiée comme étant utilisée à des fins militaires, toute attaque doit être proportionnée et des précautions doivent être prises pour protéger les civils », a d'ailleurs déclaré à la presse ce vendredi à Genève la porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.

Rappelant qu’elle s’était rendue à Gaza et à Sederot, en Israël, Navi Pillay avait mesuré combien traumatisantes étaient ces frappes aériennes et ces frappes de roquettes contre des civils. « Elles doivent cesser », conclut-elle.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/09/2014
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