Afrique : la CNUCED plaide pour une diversification des investissements

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source: UN Genève

Dans son Rapport 2014 sur le développement économique en Afrique, la CNUCED estime qu'il ne suffira pas d'augmenter le volume des investissements en Afrique pour parvenir à une croissance transformatrice. Elle plaide pour une amélioration de la productivité et de la qualité des investissements. Il s'agit pour la CNUCED de cibler les secteurs stratégiques et prioritaires de l'économie tels que les infrastructures, l'agriculture et l'activité manufacturière.

La CNUCED indique qu'en Afrique, la croissance économique ne pourra pas être soutenue ni transformatrice sans une diversification de ses sources, aussi bien du côté de la demande que du côté de l'offre.

Le rapport montre que le continent a connu une croissance relativement forte durant la dernière décennie, mais celle-ci ayant été principalement tirée par la consommation, elle n'a pu, par sa nature et ses caractéristiques, déboucher sur la création d'emplois ni sur une réduction de la pauvreté. Or, une stratégie de croissance fondée sur la consommation doit aller de pair avec une augmentation des investissements, en particulier de ceux qui renforcent la capacité de produire des biens exportables, afin d'éviter d'éventuels déséquilibres des comptes courants à l'avenir.

De nombreux pays ne sont toujours pas entrés dans un processus normal de transformation structurelle, caractérisé par le remplacement d'activités à faible productivité par des activités à forte productivité, par une diminution de la part de l'agriculture dans la production et l'emploi et par un accroissement de la part des industries manufacturières et des services modernes.

De façon générale, les données disponibles indiquent que la part de l'activité manufacturière dans la valeur ajoutée totale a diminué au cours des deux dernières décennies, passant d'une moyenne de 14 % pour la période 1990 1999 à 11 % pour la période 2000 2011.

En outre, le secteur des services domine désormais l'économie des pays africains. Sa part de la valeur ajoutée totale pour la période 2000 2011 a été d'environ 47 %, contre 37 % pour l'industrie et 16 % pour l'agriculture. En termes d'évolution dynamique, il a enregistré, sur la même période, un taux moyen de croissance de 5,2 %, contre 5,1 % pour l'agriculture et 3,5 % pour l'industrie.

Par ailleurs, le document montre que la productivité de l'investissement en Afrique a été plus élevée pendant la première décennie du XXIe siècle que pendant les années 1990. Cette augmentation de la productivité s'explique notamment par les améliorations apportées aux infrastructures, l'élargissement de l'accès à la technologie et les réformes qui ont fait baisser les coûts de transaction liés à la production, au commerce et à l'investissement.

Par rapport aux autres groupes de pays en développement, la productivité du capital a été beaucoup plus élevée en Afrique qu'en Amérique et légèrement plus élevée qu'en Asie pendant la période 2000-2011, alors que dans les années 1990, elle était inférieure à celle de ces deux groupes de pays.

L'Angola, le Congo, la Guinée-Bissau, le Libéria, Sao Tomé-et-Principe et la Zambie ont enregistré une augmentation considérable de la productivité du capital au cours des deux dernières décennies. Les pays où cette productivité a été extrêmement élevée au cours de la période 2000 2011 sont l'Angola, l'Éthiopie, la Guinée équatoriale, le Libéria, le Mozambique, le Nigéria, le Rwanda, la Sierra Leone et le Soudan.

(Interview : Bineswaree Bolaky, Economiste à la CNUCED ; propos recueillis par Alpha Diallo)

Classé sous Dossiers, L'info.
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28/11/2014
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