Syrie : l'intransigeance des autorités a fait le lit du terrorisme, estime la France

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Conseil des droits de l’homme (UN Photo/Jean-Marc Ferré)

Intervenant lors du débat interactif sur la situation en Syrie, organisé par le Conseil des droits de l'homme à Genève, Nicolas Niemtchinow, le Représentant de la France auprès des Nations Unies à Genève a estimé que l’intransigeance des autorités syriennes a fait le lit du terrorisme en étouffant la voix de l’opposition modérée qui a toujours affirmé son attachement aux droits de l’homme et au droit international humanitaire.

Face à un régime qui écrase son propre peuple, les groupes extrémistes, épargnés voire soutenus par le régime, ont progressé. Certains groupes d’opposition les plus extrêmes, en particulier l’«État islamique en Iraq et au Levant» qui déstabilise aujourd’hui l’Iraq, se sont également rendus coupables d’exécutions sommaires et de disparitions forcées : ces violations sont tout aussi insupportables.

La France estime qu’en documentant les crimes, la commission d’enquête accomplit le travail essentiel qui consiste à préparer le travail de la justice. La France entend poursuivre sa mobilisation pour que la Procureure de Cour pénale internationale enquête sur les crimes les plus graves commis en Syrie. De l’avis de la France, la «prétendue élection» organisée il y a peu en Syrie n’avait rien du processus démocratique auquel le peuple syrien aspire et n’avait pour issue que la reconduction du chaos.

De nombreuses délégations ont fermement condamné les violences qui frappent la Syrie depuis trois ans. Cette situation est la conséquence de l’échec de la communauté internationale à mettre fin à ce conflit, qui menace maintenant de se propager à toute la région. Elle est également le fruit de l’intransigeance des autorités syriennes qui a fait le lit du terrorisme en étouffant la voix de l’opposition modérée, ont estimé certains intervenants. Dans ce contexte, l’urgence de mettre fin à la crise, notamment par un dialogue politique inclusif a été soulignée par la quasi-totalité des délégations, qui ont invité les parties prenantes à mettre en œuvre le communiqué de Genève.

Les délégations se sont également alarmées de la situation humanitaire qui prévaut en Syrie, en particulier dans les zones assiégées. Certaines d’entre elles ont reproché aux autorités syriennes d’empêcher l’accès humanitaire. Certaines délégations ont pour leur part relevé que les informations provenant de Syrie sont contradictoires et estimé que l’on ne peut accuser le seul gouvernement syrien d’être responsable des milliers de morts causées par le conflit, alors que des «mercenaires terroristes financés par des pays occidentaux» agissent également en toute impunité. Au lieu d’alimenter ce conflit, la communauté internationale ferait mieux d’aider à une solution politique, a-t-il été souligné.

(Extrait : Nicolas Niemtchinow, Représentant de la France auprès des Nations Unies à Genève)

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17/10/2017
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