Somalie/FAO : les pluies tardives accroissent les risques d'insécurité alimentaire

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Les Somaliens ont besoin d’une aide d’urgence dans de nombreux domaines – des cultures, à l’élevage et aux pêches. (Photo: ©FAO/Frank Nyakairu)

Le retard des pluies et les conditions météorologiques capricieuses en Somalie ont suscité des préoccupations quant à l’aggravation de la situation de la sécurité alimentaire, à mesure que les stocks de vivres de la dernière mauvaise récolte s’épuisent et que les prix poursuivent leur envolée, indique un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié lundi.

Selon le rapport du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO (SMIAR), la situation est exacerbée par les conflits et le manque de financement pour les actions prioritaires visant à affronter les besoins des communautés durement touchées.

Le SMIAR dresse un tableau inquiétant face à l’avancement de la période de soudure et à l’escalade récente des conflits dans les régions méridionales et centrales qui continue de perturber les marchés.

“Les populations de Somalie ne peuvent se permettre d’attendre l’issue de la prochaine récolte. Elles ont besoin d’une aide d’urgence pour améliorer leur sécurité alimentaire et préserver leurs moyens d’existence, dont la majorité dépendent directement de l’agriculture”, a déclaré Luca Alinovi, Chef par intérim du Bureau de la FAO en Somalie et Représentant de la FAO au Kenya.

La FAO et ses partenaires ont besoin urgent de 18 millions de dollars pour intensifier les interventions rapides (réponse aux besoins prioritaires en 90 jours) afin d’empêcher et d’atténuer l’ultérieure détérioration de la situation de la sécurité alimentaire.

Le démarrage tardif de la campagne “gu” 2014 (avril-juin) a exacerbé les préoccupations déjà alimentées par la mauvaise récolte en janvier des céréales “deyr” de 2013/2014, cultivées durant les pluies de fin d’année de la campagne secondaire.

Les récoltes ont été nettement inférieures à la moyenne dans les zones centrales et méridionales du pays, faisant suite à des semaines de précipitations tardives et irrégulières, outre des inondations à proximité des fleuves.

La diminution des stocks et les perturbations des marchés et du commerce se sont traduites par des hausses à deux chiffres des prix de gros du maïs et du sorgho dans certaines zones.

Dans les principales zones de production du sud, les prix au détail du maïs et du sorgho en avril étaient respectivement supérieures de 60 et de 80 pour cent à l’année précédente, compte tenu également de la réduction des opérations d’aide humanitaire.

Les pluies “gu” ont repris début mai, mais elles devront se poursuivre jusqu’à fin juin pour conjurer une nouvelle détérioration de la sécurité alimentaire dans le pays.

Une légère amélioration devrait se faire sentir en août et septembre, lorsque la récolte sera prête pour la consommation. Toutefois, compte tenu des perspectives défavorables de la campagne en cours, l’impact positif sera vraisemblablement modeste.

On estime que quelque 860 000 personnes – dont plus de 200 000 enfants de moins de cinq ans sous-alimentés – ont actuellement besoin d’une aide humanitaire en Somalie.

(Extrait sonore : Jean Senahoun, économiste à la FAO; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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19/10/2017
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