OIT : la protection sociale aide les personnes vivant avec le VIH à conserver leur emploi

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Logo de l’Organisation interantionale du travail, OIT (Photo : ONU)

Les personnes vivant avec le VIH qui ont accès à la protection sociale ont de meilleures chances de conserver leur emploi ou toute autre forme d'activité productive, affirme l'Organisation internationale du Travail (OIT).

Selon une nouvelle étude de l'OIT intitulée “Rapport analytique sur l'accès à la protection sociale et ses effets sur les travailleurs vivant avec le VIH et leur famille”, la protection sociale a des effets bénéfiques sur les personnes touchées par le VIH.

Le rapport s'appuie sur des recherches couvrant quatre pays (Guatemala, Indonésie, Rwanda et Ukraine) qui figurent sur la liste de l'ONUSIDA des pays à fort impact du VIH et qui sont actuellement en train de développer ou de renforcer leur système de sécurité sociale.

L'étude montre que, dans les quatre pays, entre 63 et 95 pour cent des personnes vivant avec le VIH qui avaient accès à la protection sociale ont réussi à conserver leur emploi ou d'autres activités productives. Parallèlement, de 49 à 99 pour cent continuaient d'envoyer leurs enfants à l'école et de 72 à 96 pour cent ont pu accéder à des traitements antirétroviraux salvateurs.

«L'accès aux traitements antirétroviraux permet aux personnes vivant avec le VIH de rester en vie. Mais, trop souvent, l'absence d'une couverture sociale plus large maintient ces hommes et ces femmes, et leur famille, dans la pauvreté et la vulnérabilité», explique Alice Ouedraogo, Directrice du Programme de l'OIT sur le VIH/sida et le monde du travail (ILOAIDS) qui a produit cette étude.

Le rapport montre aussi que. même lorsque les politiques de protection sociale n'excluent pas les personnes vivant avec le VIH, celles-ci sont souvent confrontées à des difficultés pour accéder aux services essentiels, soit parce qu'elles ne sont pas informées de l'existence des programmes, soit parce que les procédures d'accès aux services sont trop complexes.

La stigmatisation et la discrimination associées au VIH perdurent encore. Les travailleurs de l'économie informelle, en particulier les femmes et les populations à risque – travailleurs du sexe, personnes transgenre, hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et usagers de drogues par injection – font face aux pires difficultés.

Le rapport fait également référence à la question des frais engagés, y compris les coûts de transport pour se rendre dans les centres médicaux, qui rappelle la nécessité d'un soutien financier et d'une meilleure couverture de l'assurance santé pour les personnes vivant avec le VIH, en particulier celles qui relèvent de l'économie informelle.

L'étude de l'OIT indique qu'un appui combiné visant à améliorer le revenu, les moyens de subsistance et l'emploi est indispensable, en plus des services de santé, pour renforcer l'impact de la protection sociale.

«En plus de l'assurance santé et des traitements, l'accès à l'emploi ou à une autre source de revenu est primordial pour les personnes vivant avec le VIH», déclare Manuela Tomei, Directrice du Département des conditions de travail et de l'égalité de l'OIT.

La recommandation (n° 200) concernant le VIH et le sida et le monde du travail, 2010 fournit des orientations sur la manière dont les pays peuvent traiter les questions relatives au VIH/sida dans le monde du travail en les intégrant dans les politiques et les programmes nationaux de développement, y compris ceux qui ont trait au travail, à l'éducation, à la protection sociale et à la santé.

La recommandation (n° 202) de l'OIT sur les socles de protection sociale, 2012 préconise la réalisation progressive d'une couverture de protection sociale qui suive les principes d'universalité de la couverture, de non-discrimination et d'égalité entre hommes et femmes.

«Tandis que nous préparons le programme de développement pour l'après-2015, il est important d'investir dans des politiques et des programmes qui n'abandonnent personne, ni les personnes vivant avec le VIH ni les populations exposées au risque du VIH», conclut Mme Ouedraogo.

(Extrait sonore : Jean-Luc Martinage, Organisation internationale du travail)

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15/12/2017
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