Mutilations génitales féminines: un fléau national, régional et international, affirme le Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles

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Le Conseil des droits de l’homme a tenu, lundi, à Genève, une réunion-débat de haut niveau consacrée à «l’identification de bonnes pratiques pour combattre les mutilations génitales féminines».

A cette occasion, Mariame Lamizana, Présidente du Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles, a déclaré que les mutilations génitales féminines constituent un fléau national, régional et international au regard de l’interpénétration culturelle et traditionnelle entre les populations vivant dans les 29 pays africains où cette pratique existe ainsi qu’au regard de sa persistance au sein des communautés africaines immigrées à travers le monde. Elle a fait observer que, pour les communautés qui les pratiquent, les mutilations génitales féminines sont une norme sociale et qu’il est difficile pour un individu ou une famille de se désolidariser du corps social en arrêtant ou en refusant l’excision, même s’il est favorable à l’abandon de cette pratique. Mme Lamizana a attribué la résistance à l’abandon de la pratique à la forte interdépendance du processus de décision. Dès lors, il faut développer et renforcer les programmes régionaux de sensibilisation, en particulier au niveau transfrontalier et renforcer les capacités d’intervention des réseaux régionaux de leaders religieux, de jeunes et de professionnels des medias afin de créer des dynamiques régionales en faveur d’un changement des normes sociales en matière de mutilations génitales féminines.

Il faut adopter des actions communautaires, a insisté la Présidente du Comité interafricain. Ces différentes structures ont joué un grand rôle dans les progrès réalisés en matière de lutte contre les mutilations génitales féminines, a-t-elle souligné. Le soutien à ces réseaux devrait donc se poursuivre de différentes manières, notamment par l’appui à la mise en œuvre et à l’évaluation des plans et programmes régionaux et nationaux visant à accélérer l’élimination des mutilations génitales féminines, le renforcement des capacités d’intervention, celui des programmes de formation pour un développement de l’expertise nationale et régionale, la coordination des actions au niveau régional et la mobilisation des ressources, a plaidé Mme Lazimana. Elle a en outre préconisé l’adoption de mesures juridiques ainsi qu’un plaidoyer auprès des États et de la communauté internationale pour qu’ils considèrent la lutte contre les mutilations génitales féminines comme une priorité. Enfin, Mme Lazimana a jugé nécessaire de renforcer la synergie des actions menées au niveau des organisations régionales et de mettre en place des stratégies d’action visant à créer un mouvement régional pour l’abandon des mutilations génitales féminines.

(Extrait sonore: Mariame Lamizana, Présidente du Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles)

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19/10/2017
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