Mariam Aboubacrine plaide pour l’implication des peuples autochtones

Écouter /

Femme touareg et son enfant de la région de Nara au Mali. Photo:ONU

Notre invitée d’Escale cette semaine est Mariam Aboubacrine, une touarègue d’origine malienne de Tombouctou qui se retrouve en dehors de son pays depuis1991. Elle a été amenée à vivre en Mauritanie, au Burkina-Faso, en Algérie en Suisse et habite actuellement à Québec. Elle a fait des études de médecine qu’elle cherche à mettre à service, surtout de son peuple.

Mariam Aboubacrine vient d’être élue pour un mandat de 3 ans à l’Instance permanent des peuples autochtones des Nations Unies pour défendre leurs droits, une mission qui lui tient à cœur. Pour elle, il est essentiel que les autochtones aient un rôle participatif et actif dans tous projets qui les concernent. C’est le message qu’elle vient porter à la 13eme session de l’Instance qui se déroule actuellement au Siège de l’ONU à New York.

« Impliquer les peuples autochtones dans toutes les décisions qui les concernent et pour tous les projets qui sont élaborés pour eux, voila la condition sine qua non pour la réussite des toute action pour les peuples autochtones », explique-t-elle.

Aussi faut-il que ces projets soient adaptés aux spécificités des cultures autochtones. A l’instar de laide humanitaire qui doit tenir compte des coutumes.

Dans le cas Touarègues, par exemple, les sites pour les camps doivent tenir compte de leur tradition pastorale et du bétail qui les accompagne ; l’aide alimentaire doit tenir compte de leurs traditions alimentaires—tel que le rôle centrale du lait, du sucre et du thé.

Il en va de même pour les soins de santé où il ne s’agit pas simplement de savoir parler la langue. Il faut savoir qu’une femme ne peut pas être examinée par ou parler de sexualité avec un soignant médical homme par pudeur, et qu’un homme ne peut pas recevoir une piqure intramusculaire en baissant son pantalon devant une femme car c’est une baisse d’estime de soit. Ne pas tenir compte de ces spécificités freinerait l’utilisation des ces prestations par la population.

Enfin Mariam revendique pour que, dans son pays d’origine, les Touarègues qui sont aujourd’hui réfugiés dans des camps soient impliqués, au niveau des femmes, des veuves, des vieillards et personnes vulnérables, dans la sortie de crise et construction de la paix.

Interview : Mariam Aboubacrine, membre indépendante de l’Instance permanent des peuples autochtones des Nations Unies

Interview et présentation : Cristina Silveiro

Collaboration, édition et montage : Rebecca Moudio

Prise de son : Carlos Macias

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
18/10/2017
Loading the player ...