Les Mutilations génitales féminines violent les droits humains de la femme affirme la Représentante du Togo

Écouter /

Mme Nakpa Polo, Ambassadrice, Mission permanente du Togo auprès des United Nations à Genève–Source: ITU / R. Farrell)

Le Conseil des droits de l’homme a tenu aujourd’hui une réunion-débat de haut niveau consacrée à «l’identification de bonnes pratiques pour combattre les mutilations génitales féminines».

Mme Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a ouvert le débat en soulignant que l’on estime à plus de 125 millions le nombre de jeunes filles ayant été victimes des mutilations génitales féminines, une pratique qui est une violation des droits fondamentaux des jeunes filles. Il est possible d’éradiquer les mutilations génitales féminines, comme le montrent des signes encourageants au plan international et national. Néanmoins, au rythme actuel, l’objectif de réduction de moitié de la prévalence ne sera atteint qu’en 2074; c’est pourquoi la Haut-Commissaire appelle chacun à redoubler d’efforts pour accélérer le processus.

Les panélistes de cette réunion-débat animée par Mme Nakpo Polo, Représentante permanente du Togo auprès des Nations Unies à Genève, étaient Mme Chantal Compaoré, Première Dame du Burkina Faso et Ambassadrice de bonne volonté de la campagne mondiale pour l’interdiction des sur mutilations génitales féminines; Mme Mariam Laminaza, Présidente du Comité interafricain sur les pratiques traditionnelles; Mme Nafissatou Diop, Coordinatrice du programme commun FNUAP/UNICEF sur les mutilations génitales féminines et l’excision; Mme Hiranthi Wijemanne, membre du Comité des droits de l’enfant; Mme Liz Ditchburn, Directrice des politiques au Ministère du développement international du Royaume-Uni; et Mme Marleen Temmerman, Directrice du Département santé et recherche génésiques de l’Organisation mondiale de la Santé.

Dans le débat qui a suivi, les délégations ont unanimement condamné les mutilations génitales féminines, qualifiées de violation des droits des femmes et jeunes filles et l’une des formes les plus répandues de violence contre les femmes. Pour les pays de l’Union africaine, ce sont des pratiques surannées, désuètes et absolument condamnables, une atteinte inacceptable à l’intégrité des femmes et des jeunes filles. Ces pratiques n’ont aucun lien avec quelque religion que ce soit, a pour sa part souligné le Groupe des pays arabes, pour qui les mutilations génitales féminines sont des pratiques culturelles qui varient selon les communautés. C’est dans ce contexte que de nombreuses délégations ont présenté les mesures prises dans leur pays pour lutter contre ce phénomène, dont des mesures de pénalisation, de sensibilisation, de prévention, de formation et de coopération. Pour plusieurs délégations, ces efforts exigent d’être renforcés et accélérés, notamment dans le cadre du programme de développement pour l’après-2015.

Nakpa Polo, Représentante permanente du Togo à Genève et animatrice du débat, a déploré la persistance des pratiques relatives aux mutilations génitales féminines en dépit des nombreux efforts entrepris aux niveaux tant international que national. Ce sont des pratiques qui violent les droits humains de la femme, notamment son droit à la santé ou celui d’être libre de disposer de son corps, a-t-elle ajouté, assimilant cette pratique à un traitement cruel, inhumain ou dégradant.

(Extrait sonore: Nakpa Polo, Représentante permanente du Togo à Genève)

 

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
17/10/2017
Loading the player ...