Humanitaire : malgré des défis sans précédent, seuls 30% des besoins sont financés avertit Valerie Amos

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Valérie Amos se dirige vers la salle de conférence de presse à Genève. (Photo: ONU/Jean-Marc Ferré)

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et Coordonnatrice des secours d'urgences des Nations Unies, Valerie Amos, a rencontré lundi à Genève la presse pour dresser le bilan à mi-parcours de l'année des opérations des Nations Unies. Elle a voulu partager ainsi certaines des préoccupations et des défis humanitaires l'ONU et ses partenaires sont confrontés pour répondre aux besoins de millions de personnes à travers le monde en particulier en Afrique et en Syrie, mais aussi plus récemment en Iraq et en Ukraine.

Au cours de cette conférence de presse, Valerie Amos a indiqué que cette année, les Nations Unies ont demandé un montant record de 16,9 milliards de dollars, le montant le plus élevé jamais demandé au cours d'une seule année. Or, aujourd’hui, elles n'ont reçu que 30% de ce financement, soit 5,2 milliards de dollars. Il faut donc encore lever 11,7 milliards de dollars.

La Secrétaire général adjointe a souligné qu'il n'y a pas de répit dans le nombre et la gravité des crises humanitaires qui exigent toute l'attention des Nations Unies. Ainsi, la crise en Syrie continue de dominer les efforts d’intervention avec 9,3 millions de personnes ayant besoin d'aide alors que 2,8 millions sont réfugiées dans les pays voisins.

Les violations du droit humanitaire et des droits de l'homme se poursuivent sans relâche par toutes les parties au conflit en Syrie. Il en résulte, que 241 000 personnes restent en état de siège dans les zones où presque aucune aide ne parvient, et il y a peu de moyens pour les gens de sortir.

En République centrafricaine (RCA), plus de la moitié de la population, soit  2,5 millions de femmes, d’enfants et d’hommes a un besoin urgent de protection et de secours. Le plan d’intervention stratégique de l'ONU pour l'aide humanitaire en République centrafricaine vise 1,9 million de personnes. Mais la violence et l’insécurité coupent des communautés entières et les travailleurs humanitaires eux-mêmes ont été attaqués.

Au Sud-Soudan, quelque 1,5 million de personnes ont été déracinées par la violence au cours des six derniers mois et la situation continue de se détériorer parce que, malgré le cessez-le feu, la violence et le conflit se poursuivent. Avec le début de la saison des pluies, le choléra est apparu et le paludisme fait des ravages parmi les enfants et les adultes.

Les organismes d’aide viennent tout juste de publier un nouveau plan pour aider 3,8 millions de personnes au Soudan du Sud d'ici décembre dans les domaines des soins de santé d’urgence, de la nourriture, de l’eau potable, de l’assainissement et du logement. Pour Valerie Amos, il n’y a pas de temps à perdre si l'on veut éviter une famine. C’est pourquoi, il faut se féliciter de la récente conférence de collecte de fonds à Oslo qui a permis de recueillir 600 millions de dollars supplémentaires pour le Soudan du Sud.

Valerie Amos a également évoqué les défis rencontrés dans des pays comme le Yémen, où près de 15 millions de personnes ont besoin d’une aide continue. Elle a également mentionné la Somalie, où un million de personnes restent déplacées à l’intérieur et se trouvent dans un état d’extrême vulnérabilité. S'agissant du Soudan, les agences onusiennes et les ONG ciblent cinq millions de personnes qui ont de plus en plus besoin d'aide, notamment au Darfour, et dans les États du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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19/09/2014
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