Érythrée : les violations endémiques des droits de l’homme principales causes de l’exil massif

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Conseil des droits de l’homme (UN Photo/Jean-Marc Ferré)

Le Conseil des droits de l’homme a examiné, mercredi 18 juin, la situation des droits de l’homme en Érythrée, après avoir achevé son débat interactif, entamé hier, avec la commission internationale indépendante d’enquête sur la République arabe syrienne.

Présentant son rapport, Sheila B. Keetharuth, Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Érythrée, a déploré l’absence de coopération du Gouvernement érythréen avec son mandat. Elle a souligné que son rapport était essentiellement consacré au service national de durée indéfinie et aux arrestations et détentions arbitraires dans des conditions carcérales inhumaines. Ces violations endémiques des droits de l’homme constituent la principale cause de l’exil massif des Érythréens, qui ne cesse de s’amplifier, a-t-elle fait observer. La Rapporteuse spéciale a constaté que le deuxième Examen périodique universel de l’Érythrée, réalisé en février dernier, avait mis en lumière la faible performance du pays concernant la mise en œuvre des recommandations formulées à son intention lors du premier examen. Mme Keetharuth a invité le Gouvernement érythréen à renoncer au service militaire indéfini, à mettre un terme à la militarisation de l’enseignement secondaire, à fermer les centres de détentions secret et à ratifier la Convention contre la torture.

En tant que pays concerné, l’Érythrée a jugé inacceptable que soient qualifiées de «graves» les violations des droits de l’homme dans le pays – des violations existent, certes, mais comme dans tous les pays. L’Érythrée a mis l’accent sur sa collaboration avec les Nations Unies et a dénoncé des «attaques sournoises» visant à réduire à néant ses succès en matière de développement.

Au cours du débat, de nombreuses délégations ont dénoncé l’absence de coopération de l’Érythrée avec la Rapporteuse spéciale et se sont prononcées pour le renouvellement de son mandat. Plusieurs pays ont dénoncé les violations massives des droits de l’homme et en particulier l’enrôlement forcé de mineurs dans les forces armées, malgré les engagements internationaux pris par l’Érythrée en la matière. Des délégations se sont dites alarmées devant le nombre d’Érythréens forcés d’émigrer, parfois au péril de leur vie. À l’instar de la Rapporteuse spéciale, d’autres ont insisté pour que l’Érythrée ratifie la Convention contre la torture et améliore les conditions de détention.

Les délégations suivantes ont pris part à ce débat: Union européenne, Australie, Irlande, Hongrie, Venezuela, France, Allemagne, Italie, Soudan, Royaume-Uni, États-Unis, Suisse, Cuba, Norvège, Luxembourg, Autriche, République tchèque, Djibouti, Chine, Botswana, Human Rights Watch, East and Horn of Africa Human Rights Defenders Project, Amnesty International, Mouvement international de la réconciliation, Jubilee Campaign.

(Interview: Sheila Keetharuth, Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme en Érythrée; des propos recueillis par Alpha Diallo)

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29/07/2014
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