Conseil des droits de l'homme : la Rapporteuse spéciale dénonce le service militaire à durée indéterminée en Érythrée

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Sheila Keetharuth, Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la situation des droits de l’homme en Érythrée (Photo : ONU/A.Voisard).

Le Conseil des droits de l'homme a examiné, ce mercredi à Genève, le rapport de la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Érythrée. Sheila Keetharuth a critiqué le caractère indéfini du service militaire dans ce pays. La Rapporteuse spéciale a notamment signalé que de très nombreuses informations font état d’exactions liées au service national.  Elle a aussi a dénoncé les arrestations arbitraires pour des durées indéfinies dans des conditions terribles marquées par la surpopulation carcérale, la mise au secret et les mauvais traitements.

 

La Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Érythrée a dénoncé ce mercredi le service militaire à durée indéterminée et la poursuite des arrestations ou détentions arbitraires ainsi que les mauvais traitements dans ce pays. Des abus qui sont à l'origine de l'exil massif d'Erythréens.  Devant le Conseil des droits de l'homme à Genève, Sheila Keetharuth note que chaque mois 2.000 Érythréens quittent leur pays pour l'Éthiopie et 2.000 sont arrivés au Soudan en mai dernier.  En outre, 13.000 Erythréens sont arrivés par bateau en Italie depuis le début de l'année, soit plus du tiers du nombre des arrivées dans les côtes siciliennes. Or selon l'experte, si cette tendance actuelle se poursuit, il y aura bientôt plus d'Erythréens à l'étranger que dans leur propre pays.

Dans ces conditions, elle invite Asmara à renoncer au service militaire indéfini et de mettre un terme à la militarisation de  l'enseignement secondaire. Sheila Keetharuth demande aussi à la communauté internationale de protéger les Erythréens qui fuient leur pays, notamment les enfants non accompagnés, en s'abstenant de tout refoulement.

Face à ce sombre tableau décrit par l'experte indépendante onusienne, l’Érythrée a déclaré être confrontée, comme tous les pays, à des violations des droits de l’homme auxquelles elle s’efforce de remédier mais qu’il est inacceptable de qualifier de «graves».  Asmara a également assuré le Conseil que l’accusation d’enrôlement d’enfants érythréens dans ses forces armées est sans fondement.

(Mise en perspective d'Alpha Diallo à Genève)

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17/10/2017
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