Conseil des droits de l'homme: la Première Dame du Burkina Faso dénonce la tragédie des mutilations génitales

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Chantal Compaoré, Première Dame du Burkina Faso (Photo: ONU/J.M. Ferré)

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a tenu, ce lundi 16 juin à Genève, un panel sur les mutilations génitales féminines, une pratique très répandue dans plusieurs pays. Selon la Chef des droits de l'homme de l'ONU, plus de 125 millions de jeunes filles en ont été victimes. Tout comme la pratique du mariage des enfants, les mutilations génitales féminines servent à contrôler les jeunes filles et leur vie sexuelle, a fait remarquer Navi Pillay.

La Première Dame du Burkina Faso, Mme Chantal Compaoré, a de son côté insisté sur les causes religieuses et culturelles de ces pratiques. Selon l'Ambassadrice de bonne volonté de la campagne mondiale pour l'interdiction des mutilations génitales féminines, « l'ablation du clitoris serait un moyen de préserver la virginité de la jeune fille jusqu'au mariage et d'assurer la fidélité chez les femmes mariées ».

« On estime entre 130 et 140 millions le nombre de filles et de femmes dans le monde qui ont subi des mutilations génitales. De même, 3 millions  d’entre elles y sont exposées. La classification faite par le Comité interafricain des 29 pays du continent frappés par les mutilations génitales féminines montre un premier groupe de 9 pays où il y a une prévalence de plus de 85%. Ce sont : Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, l’Ethiopie, la Guinée Conakry, le Mali, la Sierra Leone, la Somalie et le Soudan. Un deuxième groupe de 9 pays où la proportion varie selon l’ethnie ou la catégorie sociale. La   prévalence  y est de 85 à 25 %. Il s'agit du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, de la  Guinée Bissau, du Liberia, de la Mauritanie, du Kenya, du Sénégal  et du Tchad.

Les résultats des campagnes de sensibilisation ainsi que des différentes actions de terrain ont permis une baisse significative de la prévalence dans 1′ensemble des pays. A titre illustratif,    au Burkina Faso, 1′enquete démographique et de sante menée en 2010, montre une tendance à la baisse. Il y avait un taux de 13,3% pour les enfants de zéro à quatorze ans. En 2003, c’était de 20% pour les enfants de zéro à dix ans.

S’agissant des causes profondes, ces pratiques prennent des fondements dans la tradition, la coutume et la religion. L’excision fonctionne comme une norme sociale intériorisée à laquelle on se soumet sous peine  de discrimination et d’exclusion. La cause essentielle demeure l'’ignorance. Le fait de n’avoir pas été excisé est considéré comme une source de maladies, notamment chez la petite fille. Le clitoris est perçu comme un organe malsain. Son ablation serait un moyen de préserver la virginité de la jeune fille jusqu’au mariage et d’assurer la fidélité chez les femmes mariées ».

Selon la Première Dame du Burkina Faso, il est donc important de maintenir la pression par « la sensibilisation et l'adoption de mesures dissuasives afin d'accélérer la tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines ».

(Extrait sonore : Chantal Compaoré, Première Dame du Burkina Faso)

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19/09/2014
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