Venezuela : le Haut Commissariat aux droits de l'homme s'inquiète du regain de violence

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Le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) s’est déclaré vendredi préoccupé par le regain de violence au Venezuela dans le contexte de manifestations contre le gouvernement.

Mercredi soir et jeudi matin, l’armée vénézuélienne a encerclé plus de 200 manifestants d’un mouvement de jeunes qui campaient pacifiquement devant les bureaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Caracas et dans d’autres endroits de la ville.

Selon les chiffres officiels, 243 personnes au total ont été arrêtées. Le gouvernement a affirmé que les camps étaient utilisés comme bases pour organiser de violentes manifestations, et que des cocktails Molotov, des armes et de la drogue y avaient été trouvés.

« Nous condamnons sans équivoque toute violence par toutes les parties au Venezuela. Nous sommes particulièrement préoccupés par l’usage excessif de la force par les autorités en réponse aux manifestations », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, dans un point de presse à Genève.

« Nous réitérons donc l’appel de la Haut Commissaire au gouvernement de veiller à ce que les gens ne soient pas punis pour avoir exercé leurs droit de réunion pacifique et à la liberté d’expression », a-t-il ajouté.

La majorité des personnes détenues, dont 18 mineurs et une femme enceinte, auraient été emmenés dans des locaux militaires à Tiuna. Les avocats et les familles se sont plaints du manque d’informations sur le sort des personnes détenues ainsi que l’absence d’accès aux détenus.

Des centaines d’autres manifestants sont descendus dans les rues pour protester contre l’arrestation des jeunes et le démantèlement des camps. Des barricades ont été mises en place et des routes bloquées. Un policier a été tué et trois autres ont été blessés lors d’affrontements. Des manifestants auraient également été blessés. D’autres arrestations ont été signalées à Caracas jeudi soir.

Aussi, le Haut Commissariat s'inquiète des informations faisant état de violence et d’attaques, à l'instar de celle à la Bibliothèque de l’Université Fermin Toro à Barquisimeto a été incendiée, et la police a fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes pour disperser des manifestations à l’intérieur et à l’extérieur des locaux de l’Université catholique de Puerto Ordaz.

(Mise en perspective: Cristina Silveiro)

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11/12/2017
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