UNICEF/ République centrafricaine : un enfant meurt toutes les 21 minutes d’une maladie évitable

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Souleymane Dianaté, Représentant de l'UNICEF en RCA (UN Photo)

Le Représentant de l'UNICEF en République centrafricaine tire la sonnette d’alarme sur les effets dramatiques du conflit sur les enfants dans ce pays, qui a également un des taux de mortalité infantile les plus élevés dans le monde.

Si la situation dans le pays était mauvaise avant la crise, le crise qui sevit depuis décembre 2012 l’a aggravé, a souligné Souleyman Diabaté en visite au Siège de l’ONU à New York.

« Toutes les 21 minutes, un enfant meurt en République centrafricaine pour une maladie évitable », a précisé le représentant de l’UNICEF lors d’une conférence de presse.

Selon Souleyman Diabaté, les enfants centrafricains sont la cible directe d’une violence horrible et brutale et vivent un véritable cauchemar. Depuis décembre dernier, l’UNICEF a recensé 194 enfants qui ont été mutilés ou tués, même décapités.

Aussi le Fonds pour l’enfance estime qu’au moins 6 000 enfants se retrouvent aujourd’hui associés à des groupes armés et sont souvent obligés de commettre des atrocités.

« Les enfants en sortent traumatisés avec des cicatrices qu’ils vont trainer à vie », a précisé Souleymane Diabaté.

Pour le Représentant de l’UNICEF la situation dans le pays est « une crise oubliée» qui touche directement ou indirectement l’ensemble de la population, qu'elle soit musulmane ou chrétienne. Aussi, la communauté internationale n'accorde pas suffisamment d’attention aux conséquences de la crise dans les pays voisins et les autres pays de la région, tels que le Cameroun et le Tchad.

Ce pays enclavé au cœur de l’Afrique a un taux de mortalité infantile parmi les six plus élevés au monde. A l’approche de la saison des pluies, le risque du choléra s’accroit et l’UNICEF met en place des dispositifs afin de pouvoir répondre à une telle urgence éventuelle.

Depuis la rentrée des classes en octobre, la plupart des enfants ne vont pas à l'école et l'UNICEF a commandé des kits scolaires à distribuer dans tout le pays une fois la sécurité rétablie. Entre-temps, le Fonds a ouvert des espaces d'apprentissage temporaires sur les sites des déplacés.

Pour Souleymane Diabaté, les enfants centrafricains se trouvent dans un dénuement total — dans un pays ou le système de santé publique n’est pas opérationnel, le système éducatif n’est pas fonctionnel, et les services sociaux de bases ont connu des destructions.

« Vivre, en République centrafricaine, pour un enfant, c’est un combat de tous les jours », a enfin déclaré Souleymane Diabaté, ajoutant que l’UNICEF est là pour les accompagner et pour faire en sorte que ces enfants retournent à l’école pour bâtir le futur de la République centrafricaine.

(Interview : Souleymane Diabaté, Représentant de l’UNICEF en RCA ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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23/10/2017
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