Syrie : le PAM est encore loin de l'objectif de venir en aide à 4,25 millions de personnes par mois

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Des enfants dans le camp de déplacés de Bab Al Salame, dans le gouvernorat d'Alep, en Syrie. Photo UNICEF/Giovanni Diffidenti

Les agences humanitaires de l'ONU se sont réunies, vendredi à Genève, avec les États Membres pour identifier par quels moyens d'atteindre plus de personnes vulnérables en Syrie et continuer le plaidoyer pour un accès sans entraves des humanitaires.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) se préoccupe notamment des restrictions qui empêchent une bonne livraison de l'aide humanitaire. Malgré ces entraves, le PAM a fourni de l'assistance alimentaire à 3,9 millions de personnes à l'intérieur de la Syrie en avril. Toutefois, en raison des combats à Ar-Raqqa et Deir Ezzor, l'agence basée à Rome n'a pas pu atteindre les niveaux de mars dernier quand près de 4 millions de personnes avaient pu bénéficier des vivres du PAM et de ses partenaires.

« Nous sommes en dessous du chiffre record atteint en mars qui était de 4,1 millions et nous sommes encore loin de notre objectif qui est de fournir une assistance jusqu'à 4,25 millions de personnes en Syrie chaque mois », fait remarquer Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève.

Selon le PAM, six millions et demi de personnes sont en situation d'insécurité alimentaire sévère dans l'ensemble de la Syrie, chiffre qui représente également le nombre de personnes déplacées que compte le pays.

A l'heure actuelle, rapporte Elisabeth Byrs, 245 000 personnes se trouvent dans des zones inaccessibles aux travailleurs humanitaires et 800 000 personnes dans des endroits difficiles d'accès. Un million de personnes sont à risque d'insécurité alimentaire dans les régions de Deir ez-Zor et de Racca, dont 600 000 ont un besoin extrêmement urgent d'assistance.

Elisabeth Byrs explique aussi que lorsque les convois du PAM réussissent à atteindre ces zones difficiles d'accès, ils doivent franchir des barrages érigés par les différents groupes qui y opèrent et négocier avec eux. « Ce sont les populations qui font les frais de ces délais » s'insurge-t-elle.

A ce tableau déjà très préoccupant viennent s'ajouter les risques de sécheresse dans le nord-ouest du pays, en particulier dans les gouvernorats d'Alep, d'Idleb et de Hama.

« La prochaine récole va être extrêmement pauvre et cela va ajouter à la misère et aux difficultés d'approvisionnement des populations. Cette sécheresse risque encore d'aggraver la situation », a averti la porte-parole du PAM.

(Extrait sonore: Elisabeth Byrs, porte-parole du PAM à Genève; propos recueillis par Alpha Diallo)

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15/12/2017
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