Soudan du Sud : plus de 70 000 civils ont fui les combats depuis la trêve signée le 9 mai

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Un groupe de femmes et d’enfants déplacés se reposent en territoire éthiopien après avoir traversé le fleuve Baro depuis le Soudan du Sud. Environ 20 000 personnes ont fui le Soudan du Sud après un cessez-le-feu signé début mai. Photo:HCR/L.F.Godinho

Au Soudan du Sud, les mouvements de population se poursuivent malgré l’accord de cessation des hostilités il y a trois semaines. Depuis la signature d'un accord de cessez-le-feu le 9 mai dernier à Addis Abeba (Ethiopie), le nombre des déplacés internes a augmenté de 46.000 personnes alors que 20.000 Sud-Soudanais se sont également réfugiés dans les pays voisins.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, il y a désormais plus d'un million de personnes déplacées (1.005.096) et 370.000 personnes se sont réfugiées en Ethiopie, au Kenya, au Soudan et en Ouganda. Ces civils fuient à l'intérieur ou à l'extérieur du Soudan du Sud qui est en proie à un conflit civil depuis plus de six mois, aggravant une situation humanitaire déjà épouvantable. La trêve signée en début de mois est déjà la seconde.

L’Ethiopie accueille actuellement la plus importante population de réfugiés sud-soudanais avec 131.051 personnes. La plupart sont des femmes et des enfants.

Les récents arrivants indiquent avoir fui les combats dans les Etats voisins de Jonglei et du Haut-Nil, particulièrement la région autour de Mathiang dans le comté de Longechuk, Etat du Haut Nil. Les personnes originaires d’autres régions ont fui par crainte d’attaques imminentes ou à cause de l’insécurité alimentaire.

Pour héberger les réfugiés, le HCR et les autorités éthiopiennes ont ouvert trois nouveaux camps cette année, dont deux d’entre eux (Leitchuor et Kule I) totalisent une population de 95 085 réfugiés. Ils sont déjà complets. Le troisième camp, Kule II, a été ouvert le 17 mai et accueille déjà 5 997 réfugiés. Avec 16 500 réfugiés supplémentaires qui attendent d’être transférés depuis la frontière, et une moyenne de 1 000 arrivants sud-soudanais chaque jour en Ethiopie, nous avons déjà commencé à rechercher des terrains supplémentaires pour un quatrième camp.

Par ailleurs, le conflit au Soudan du Sud génère une insécurité alimentaire menaçant la vie de quatre millions de personnes. Parmi ces civils menacés, le HCR s'inquiète particulièrement du sort des 320.000 réfugiés soudanais qui commencent à subir des pénuries de nourriture, notamment dans le comté de Maban, Etat du Haut-Nil. Selon l'Agence onusienne, de nombreux Sud-Soudanais ne peuvent ni cultiver, ni accéder à leurs sources habituelles de vivres, ni migrer avec leur bétail.

En outre, un nouveau problème affecte les personnes espérant fuir les zones de combat. Il s’agit des routes devenues impraticables et de la traversée des rivières rendue impossible à cause de la saison des pluies.

(Interview : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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20/10/2017
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