Nigéria : de nouvelles personnes fuient après les attaques meurtrières dans le Nord-Est

Écouter /

Des femmes déracinées nigérianes sur le chemin de l’exil avec leurs possessions, en raison de l'insécurité à Maiduguri, dans l’Etat de Borno (Photo HCR).

Au Nigeria, les réfugiés et les personnes déplacées internes rapportent des actes de violence extrême, et montrent des signes évidents de détresse et de peur. Certains ont vu des amis ou des membres de leur famille choisis au hasard et tués dans les rues. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) souligne que certaines informations font état aussi de maisons et des champs entiers brûlés, des villages entièrement rasés ou des grenades lancées sur des marchés bondés tuant des civils et du bétail.

Des populations vulnérables se sont parfois retrouvées au cœur de combats entre les insurgés et les forces armées nigérianes. Le HCR rapporte aussi des arrestations arbitraires de personnes soupçonnées d'appartenir à des groupes d’insurgés et d’autres crimes graves seraient commis dont des exécutions sommaires.

La semaine prochaine marquera le premier anniversaire de l'instauration de l'état d'urgence dans les Etats nigérians d'Adamaoua, de Borno et Yobe. Selon l’Agence de gestion des urgences du Nigeria (NEMA), près de 250.000 personnes se sont maintenant déplacées à l'intérieur du pays. Quelques 61.000 autres ont fui vers le Cameroun voisin, le Tchad et le Niger. La plupart sont des ressortissants nigériens qui vivaient au Nigeria, mais 22.000 sont les Nigérians qui sont devenus réfugiés en raison de l'insécurité dans leur pays d'origine.

La crise sécuritaire nigériane affecte les pays limitrophes. Au Niger voisin, la situation dans le sud est particulièrement difficile, avec notamment des inquiétudes sécuritaires et l’éloignement qui aggravent les difficultés de fournir de l’aide humanitaire. Dans la région de Diffa, juste à la frontière du Nigeria, entre 700 et 1 000 personnes arrivent chaque semaine. Ces personnes fuient les attaques des insurgés ou par crainte de mesures de rétorsion par les forces armées.

(Interview : Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole du HCR à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
14/12/2017
Loading the player ...