Mali : l’envoyé de l’ONU condamne une attaque à Kidal ce weekend ; le Conseil de sécurité se réunit

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Bert Koenders, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali. UN Photo/Paulo Filgueiras

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali, Bert Koenders, a fermement condamné mardi l’attaque et la prise du gouvernorat de Kidal par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) samedi, alors que le Conseil de sécurité devait se réunir mardi après-midi pour discuter de la situation dans ce pays.

Dans un entretien à la Radio des Nations Unies, M. Koenders a dénoncé « l’assassinat de serviteurs de l’Etat dans le gouvernorat » et un « retour à la violence » ce weekend à Kidal.

Il a estimé que c’était « très mauvais pour le processus de paix » et qu’il fallait « le condamner clairement ». « Il faut trouver maintenant un retour à la paix », a-t-il ajouté. « La violence ne va pas aider la situation. »

De son côté, l’Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme au Mali, Suliman Baldo, a également condamné mardi l’attaque et la prise du gouvernorat de Kidal par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) le 17 mai dernier et réclamé l’ouverture d’une enquête.

Lors de l’attaque, huit civils et membres des autorités administratives locales ont été exécutés sommairement, trois membres des forces armées maliennes tués et, selon un bilan provisoire, au moins 21 policiers de la MINUSMA blessés. Trente-deux personnes qui avaient été capturées ont ensuite été libérées grâce à l’intervention de la MINUSMA. Par ailleurs, des actes de violence et de destruction de matériel visant le personnel de la MINUSMA ont été enregistrés au cours de la même attaque.

« Ces actes hautement condamnables sont de nature à fragiliser davantage la situation sécuritaire dans le nord du Mali. Une enquête doit être ouverte afin d’établir les faits et les responsabilités pour les incidents survenus à Kidal. Elle aidera à rétablir la confiance et à créer les conditions pour une poursuite sereine du dialogue politique », a déclaré M. Baldo dans un communiqué de presse.

« Les parties doivent faire preuve de retenue en vue de créer un environnement favorable à la paix et à la protection des populations civiles », a ajouté l’expert indépendant.

Dans son rapport présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en mars 2014, l’expert indépendant avait souligné et déploré les difficultés rencontrées par les autorités gouvernementales dans leur redéploiement dans la région de Kidal.

« Nous nous trouvons ainsi dans une situation assez particulière où des hauts responsables de la rébellion se rendent à Bamako sans problème alors que les hautes autorités de l’Etat font face à de manœuvres d’obstruction des groupes armés lors de leurs déplacements à Kidal », a souligné M. Baldo.

« L’incident de Kidal intervient dans un contexte marqué par des discussions au Conseil de sécurité des Nations Unies sur le renouvellement du mandat de la MINUSMA et vient nous rappeler que la situation au Mali reste précaire, malgré les progrès accomplis au cours des derniers mois », a-t-il ajouté.

« J’exhorte la communauté internationale à redoubler de vigilance et à doter la MINUSMA des moyens humains et matériels nécessaires afin de lui permettre de mener à bien ses missions ».

(Bert Koenders, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Mali; propos recueillis par Olivier Salgado pour la Radio des Nations Unies)

 

Classé sous L'info, Maintien de la paix.
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20/10/2017
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