La mauvaise alimentation plus nuisible que le tabac pour la santé, déclare un expert onusien

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Photo:UN rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation

La mauvaise alimentation est à présent une menace plus importante pour la santé mondiale que le tabac, a déclaré ce lundi le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation.

Selon Olivier De Schutter, l’obésité continue de progresser à travers la planète entrainant le diabète, les maladies cardiaques et d’autres complications de santé.

Le surpoids est notamment attribué au fait les personnes se nourrissent d'aliments transformés qui sont haut en valeur énergétique et pauvre sur le plan nutritionnel.

L'expert onusien exhorte la communauté internationale à s'unir comme elle l'a fait pour la lutte contre le tabac et convenir d'un nouvel accord visant à réglementer les régimes alimentaires malsains.

Il a souligné que malgré les signes de plus en plus inquiétants et les actions prioritaires bien identifiées, la communauté internationale continue à ne pas prêter suffisamment attention à l’aggravation de l'épidémie d’obésité et d'alimentation déséquilibrée.

Dans son rapport de 2012 au Conseil des droits de l’homme, le Rapporteur spécial avait identifié cinq actions prioritaires pour répondre aux questions de l’obésité et une alimentation déséquilibrée dont la taxation des produits malsains ; la réglementation des aliments riches en graisses saturées, en sel et en sucre; lutter contre la publicité de la malbouffe ; et soutenir la production alimentaire locale afin que les consommateurs aient accès à des aliments sains, frais et nutritifs.

Selon Olivier de Schutter les gouvernements ont mis l’accent sur l’augmentation de la disponibilité croissante de calories, sans faire la distinction du type de calories proposés, à quel prix, à qui ils sont mis à disposition, et comment ils sont commercialisés.

Le Rapporteur spécial s'est par ailleurs félicité des récentes initiatives concernant la réglementation de la publicité de lait fabriqué à Hong Kong, aux Philippines et dans d’autres pays, tout en attirant l’attention également sur le rôle du lait maternel dans l’alimentation du nourrisson et soulignant que le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel et les recommandations ultérieures de l’Assemblée mondiale de la Santé ne violent aucunement le droit de l’OMC en limitant le commerce international.

(Interview : Olivier de Schutter, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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