Journée mondiale de la liberté de la presse : renforcer la protection des journalistes

Écouter /

Des journalistes assistent à une conférence de presse de l'ONU.Photo: Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La liberté de la presse doit continuer d'être au cœur de notre travail pour promouvoir la sécurité, la dignité et la prospérité pour tous, a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, en lançant les discussions de la réunion « La liberté des médias pour un avenir meilleur : contribuer à l'agenda de développement post-2015 », tenue au Siège de l'ONU à New York, à l'avant-veille de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai.

Selon Ban Ki-moon, la fonction de vigilance des médias est essentielle pour tenir les gouvernements, les entreprises et autres responsables de leurs engagements, y compris ceux de l'agenda du développement post 2015.

Le Secrétaire général a dénoncé le péril que doivent affronter les journalistes à travers le monde pour réaliser leur métier.

Plus de 165 journalistes sont actuellement détenus à travers le monde. L’an dernier, 70 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier et 211 journalistes ont été incarcérés. Aussi depuis 1992, plus de 1.000 journalistes ont été tués, près d'un par semaine.

Il ne doit pas y avoir quelconque impunité pour ceux qui s’en prennent aux journalistes à travers la violence, l’intimidation ou l'utilisation déformée de procédures juridiques afin de perturber ou d’entraver leur travail, a soutenu le Secrétaire général.

La sécurité des membres de la presse a également figuré au cœur des propos de la Directrice de Reporters sans frontières aux Etats-Unis, Delphine Halgand, qui figurait parmi les panélistes.

Pour elle il est « crucial » que les Nations Unies continuent leur attachement et leur engagement en faveur de la protection de la liberté de l'information et que l'Organisation aille plus loin.

Delphine Halgand a non seulement engagé les Etats Membres à intégrer la liberté de l'information dans l'agenda du développement post 2015, mais à la création d'un poste de Conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l'ONU attaché à la protection des journalistes dont le rôle serait de surveiller le respect des obligations des Etats Membres en rapport avec les résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale portant sur la protection des journalistes. Elle a aussi revendiqué un amendement de l'article 8 de Cour pénale internationale qui viserait à inclure les attaques commises contre les journalistes comme crimes de guerre.

« La liberté de l'information est celle qui garantit toutes les autres libertés » a enfin déclaré Delphine Halgand empruntant l'expression du journaliste birman Win Tin, avant de souligner qu'elle permet de lutter contre la pauvreté.

(Extrait sonore : Delphine Halgand, Directrice de Reporters sans frontières aux Etats-Unis ; propos recueillis par Cristina Silveiro)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
20/10/2017
Loading the player ...