Violences sexuelles : renforcer la prévention et les services aux victimes

Écouter /

La Représentante spéciale du Secrétaire général de l'ONU chargée des violences sexuelles dans les conflits armés, Zeinab Hawa Bangura

Lors d'une conférence de presse donnée ce jeudi, à New York, par Zainab Hawa Bangura, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la violence sexuelle dans les conflits a présenté son nouveau rapport, avant d'en débattre vendredi, avec les membres du Conseil de sécurité.

Le rapport contient plusieurs axes prioritaires, avec un accent tout particulier sur la prévention, mais aussi sur les services psycho-sociaux et médicaux aux victimes, la justice et l'impunité, la situation des hommes et des garçons victimes de violences, sans oublier le fait que souvent les violences sexuelles sont le facteur déclencheur des déplacements de populations. Le document insiste aussi sur la nécessité de documenter et de surveiller davantage en rappelant que la plupart des violences sexuelles restent encore peu signalées dans le monde, en raison de la stigmatisation et de la peur de représailles.

Ainsi, en matière de prévention, le document note qu'au niveau mondial, il existe désormais un élan politique sans précédent dans la lutte pour mettre fin à la violence sexuelle liée aux conflits. Des mesures supplémentaires pour prévenir et répondre à ces crimes sont toujours nécessaires aux niveaux régional et national. Il convient d'appuyer les efforts des Nations Unies en vue d'obtenir des parties étatiques et non étatiques des engagements pour prévenir et répondre à la violence sexuelle liée aux conflits. Il y a également lieu d'inclure systématiquement la prévention de la violence sexuelle liée aux conflits dans toutes les résolutions et les mandats des opérations de maintien de la paix et des missions politiques spéciales dans les pays concernés.

Par ailleurs, il importe de renforcer les capacités des groupes de la société civile pour une meilleure protection contre la violence sexuelle liée aux conflits au niveau de la communauté. Il faut également résoudre la problématique des liens existant entre la violence sexuelle liée aux conflits et la criminalité transnationale organisée, y compris le commerce illicite des ressources naturelles, la traite des êtres humains et le trafic illicite de drogues. Enfin, il faut mettre la pression sur les auteurs de violences sexuelles liées aux conflits en utilisant des sanctions progressives et ciblées.

Il convient de noter que l’étude mentionne une vingtaine de pays situés en Afrique, mais aussi en Europe, en Asie et en Amérique latine.

(Interview : Laura Davies, chargée de mission au bureau de la Représentante spéciale, rédactrice du rapport ; propos recueillis par Jérôme Longué)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
16/10/2017
Loading the player ...