Ukraine : réunion d'urgence du Conseil de sécurité

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Le Conseil de sécurité

 Le Conseil de sécurité a tenu dimanche soir une réunion d'urgence à la demande de la Fédération de Russie sur la situation en Ukraine.

Cette réunion fait suite au décret présidentiel signé par le président par intérim de l'Ukraine, Oleksander Tourtchinov, qui donne jusqu'à 06h00 lundi, heure locale, aux séparatistes pro-russes pour déposer les armes et quitter les bâtiments publics qu’ils occupent dans l’est du pays, au risque sinon de poursuites et du lancement d’une réponse militaire à grande échelle impliquant l'armée ukrainienne.

En ouvrant le débat, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires politiques Oscar Fernandez-Taranco, a indiqué qu'il avait été rapporté qu’au moins cinq nouvelles villes en Ukraine oriental avaient connu des soulèvements et leurs bâtiments gouvernementaux saisis au cours des dernières vingt-quatre heures.

Aussi Oscar Fernandez-Taranco a précisé, entre autre, que les observateurs de l’ONU ont signalé un accroissement des barricades et des civils armés, des deux côtés, et que les observateurs des droits de l'homme des Nations Unies sur le terrain décrivaient des militants pro-séparatistes « bien armés et bien organisés », notamment à Slavyansk.

Le Sous-Secrétaire général a réitéré la position du Secrétaire général et des Nations Unies qui demeurent engagés dans la recherche d’une solution pacifique à cette crise.

« Le Secrétaire général n'a cessé d'appeler à la plus grande retenue de toutes les parties concernées et au respect du droit international » a déclaré Oscar Fernandez-Taranco, signalant que Ban Ki-moon continuait également à exhorter ceux qui ont une influence sur la situation à appeler immédiatement et publiquement à la retenue et à un retour au calme, mais aussi à lancer de nouveaux appels pour un dialogue direct et constructif entre les parties, et entre Kiev et Moscou, pour désamorcer la situation et examiner tous les différends.

Il a averti que l'Ukraine se trouve au bord du gouffre et que des efforts intensifs devaient être menés de façon urgente pour désamorcer la crise, car, une dégradation de la situation n'affecterait pas uniquement l'Ukraine, mais aussi la Russie et l'Union européenne et aurait des répercussions pour la communauté internationale.

L'ambassadeur russe Vitaly Churkin a expliqué que son pays a demandé la tenue d’une réunion du Conseil en espérant éviter une dégradation de la situation. Il a démenti les « accusations » selon lesquelles des forces russes opèreraient sur le territoire ukrainien.

Une dizaine de membres du Conseil ont pris la parole à la suite de l’intervention du Sous-Secrétaire général, dont les États-Unis, la France, la Lituanie, et le Royaume-Uni. Leurs représentants ont notamment dressé un parallèle entre les déclarations Russes sur l'évolution de la situation en Crimée il y a quelques semaines et celle qui se déroule actuellement à l'Est de l'Ukraine, signalant notamment qu'environ 40 000 soldats russes sont actuellement amassés à la frontière de l'Ukraine. Tous ont appelé à désamorcer la crise et ont évoqué leur espoir en la réunion prévue à Genève le 17 avril prochain entre les représentants des diplomaties russe, américaine, européenne et ukrainienne.

A une heure et demi de l'heure butoir, Vitaly Churkin a exhorté ses collègues occidentaux a appeler leurs chefs de gouvernements afin que ceux-ci incitent Kiev à la retenue, alors que les États-Unis et l'Ukraine réitéraient leurs appels à une véritable preuve de volonté de dialogue et de désescalade par Moscou, évoquant notamment les dizaines de milliers de militaires russes positionnés à la frontière orientale de l'Ukraine.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

 

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23/10/2017
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