Ukraine: Navi Pillay appelle au respect des minorités

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Gianni Magazzeni, Chef de la branche des Amériques, de l'Europe et de l'Asie centrale au Haut-Commissariat aux droits de l'homme, (UNifeed, capture d’écran)

La corruption, une trop faible indépendance du système judiciaire, la propagande, la désinformation et des accrocs à la liberté électorale ont été les principaux facteurs qui ont nourri la révolte populaire de l'automne dernier en Ukraine. Ce rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ajoute que les manifestations ont fait 121 morts, en forte majorité des protestataires, et que des cas de torture et de maltraitance de manifestants ont été relevés. La Chef des droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay appelle aussi au respect des minorités en Ukraine.

La Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme appelle les nouvelles autorités en Ukraine à empêcher les incitations à la haine et à respecter les minorités. Dans un rapport rendu public ce mardi à Genève, Navi Pillay juge indispensable de donner la priorité au respect de la diversité, à la participation de tous – y compris les minorités – dans la vie politique.

Face à la situation tendue” dans l’est de l’Ukraine, où réside une forte minorité russe, il est important de prendre immédiatement des mesures pour rétablir la confiance entre le gouvernement et le peuple, et entre les différentes communautés et de rassurer tout le monde en Ukraine.

La Chef des droits de l'homme de l'ONU demande aussi que le nouveau gouvernement ukrainien « empêche les manipulations médiatiques en fournissant à temps des informations exactes et combatte l’intolérance et l’extrémisme ».

Par ailleurs, le Haut-commissariat ajoute que lors de la crise en Crimée, des arrestations arbitraires ont été faites et que des journalistes et des opposants à la tenue du référendum du 16 mars sur l'annexion à la Russie ont été ciblés par des actes de torture. Dans ces conditions, le rapport demande de « résoudre les cas de personnes disparues, prenne des mesures pour protéger les droits des personnes par les changements du cadre institutionnel et légal, y compris la citoyenneté, assure la protection des droits des minorités et des peuples locaux », une référence aux Tatars.

Ce document du Haut-Commissariat a été établi à la suite de deux missions sur place en mars dernier du Sous-Secrétaire général pour les Droits de l’Homme Ivan Simonovic. Le rapport a aussi examiné les évènements jusqu’au 2 avril.

(Interview : Gianni Magazzeni, Chef de la branche des Amériques, de l'Europe et de l'Asie centrale au Haut-Commissariat aux droits de l'homme ; Propos recueillis par Alpha Diallo et Catherine Fiankan de France 24)

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17/10/2017
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