Syrie: Navi Pillay condamne la généralisation de la torture dans les prisons

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Navi Pillay. Photo: ONU/Jean-Marc Ferré

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, condamne la généralisation de la torture dans les prisons syriennes, déplorant aussi son usage par certains des groupes armés. Son bureau vient de publier un document contenant des témoignages détaillés de victimes et de témoins. On y fait état d'une tendance généralisée de la torture et des mauvais traitements dans les établissements du gouvernement. Selon l’ONU, la torture constitue un crime contre l’humanité lorsqu’elle est utilisée de façon généralisée.

Dans un document de 8 pages, le Haut-Commissariat, qui a interrogé 38 personnes ayant souffert de torture, fait état de témoignages anonymes terrifiants. La torture pratiquée par certains groupes rebelles armés est également évoquée, notamment au Nord du pays, à Al Raqqa. « Nos résultats confirment que la torture est couramment utilisée dans les centres de détention gouvernementaux en Syrie, et que la torture est également utilisé par certains groupes armés », a souligné Navi Pillay citée dans ce communiqué rendu public ce lundi 14 avril à Genève.

Selon le rapport, des hommes, des femmes et des enfants sont couramment enlevés dans les rues, dans leurs maisons et sur leurs lieux de travail, ou sont arrêtés à des postes de contrôle du gouvernement, puis transférés dans un des dizaines de centres de détention officiels ou secrets du gouvernement. Ces personnes sont souvent détenues au secret, de façon indéfinie et sont parfois transférées d’un centre à un autre, condamne l’ONU qui précise que parmi les centres de détention figurent des casernes de l’armée et des aéroports.

Plusieurs des cas décrits par le rapport parle de détenus immobilisés ou suspendus au mur, les yeux bandés, et qui sont ensuite frappés, brûlés, électrocutés et torturés avec différents objets.

« Alors que j’étais soumis à la suspension inversée, j’ai crié si fort qu’un garde est venu et a frappé mon estomac et ailleurs pour, m’a-t-il dit, me distraire de la douleur aux bras », raconte un activiste de 28 ans de Damas, détenus en 2011 et 2013 par le Service de Renseignement de l’Armée de l’Air à Kafr Sousa dans la région de Damas.

Le Haut-Commissariat a également documenté des cas de violences sexuelles à l’encontre d’hommes et de femmes. Le plus souvent, la torture est utilisée immédiatement après l’arrestation et durant les premiers jours ou semaines de la détention et des interrogatoires.

(Extrait sonore : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

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17/10/2017
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