Syrie : l'État ne respecte pas sa responsabilité de s'occuper de sa population, selon Valérie Amos

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Valerie Amos. Photo : ONU/JC McIlwaine

”Loin de s'améliorer la situation en Syrie empire”, a déclaré la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, ce mercredi, lors d'un point de presse à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité, au Siège de l'ONU à New York.

En effet le Conseil de sécurité a examiné à huis clos la situation en Syrie sur la base du dernier rapport sur l'élimination des armes chimiques et de celui sur la mise en œuvre de la résolution 2139 qui avait demandé le libre-accès aux populations par les humanitaires il y a deux mois.

Au total 9,3 millions de personnes, dont plus de 6,5 millions de déplacés, ont besoin d'assistance humanitaire. Aussi 3,5 millions de personnes se trouvent dans des zones difficiles, voire impossibles d'accès, dont près de 250 000 dans des zones assiégées.

Le rapport du Secrétaire général concernant la résolution 2139 enregistre des « gains modestes ». L'ONU et ses partenaires ont acheminé des quantités croissantes d'aide aux Syriens. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a apporté une aide alimentaire à 4,1 millions de personnes, soit 11 %, de plus qu'en février. Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a dispensé pour la première fois des secours essentiels à plus de 155 540 personnes dans des zones difficiles d'accès. L'UNICEF a fourni du matériel qui a permis d'approvisionner en eau potable plus de 1,7 million de personnes, dont 40 % dans ces mêmes zones. Près de 55 000 enfants ont reçu des fournitures scolaires pour suivre des cours dans neuf zones difficiles d'accès. L'OMS a aussi remis des médicaments et du matériel médical, y compris des fournitures chirurgicales, pour 1,5 million de personnes dont plus de 445 000 dans les zones contestées.

Mais il s'agit là de faibles modestes : au total, seuls 13% des lieux recensés comme étant assiégés ont été atteints par l'ONU et ses partenaires, et le rapport dénonce la restriction de l'acheminement des médicaments par le gouvernement, une violation claire du droit humanitaire.

J’ai dit au Conseil que dans mes rapports, j’ai démontré à maintes reprises l’impact minimal de l’approche adoptée jusqu’à présent, et que la pression du public et la diplomatie privée n'ont donné que très peu de résultats, a souligné la cheffe de la Coordination humanitaire de l'ONU.

Les valeurs fondamentales de l’ONU et la responsabilité qui revient à l'État de s’occuper de son propre peuple sont “violées” au quotidien, et je pense qu'il revient au Conseil non seulement de reconnaître cette réalité, mais d’agir sur elle, a martelé Valerie Amos.

(Mise en perspective : Cristina Silveiro)

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20/10/2017
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