Soudan du Sud : la MINUSS condamne l'assassinat centaines de civils sud-soudanais et étrangers à Bentiu

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Le site de la MINUSS à Bor, dans l’Etat de Jonglei, au Soudan du Sud (janvier 2014). Photo MINUSS/Tina Turyagyenda

La Mission des nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) condamne fermement les assassinats ciblés de civils décidés sur la base de leur origine ethnique et de leur nationalité. Des assassinats perpétrés dans la ville de Bentiu, dans l'État de l'Unité.

La Mission onusienne condamne aussi fortement l’utilisation de la radio FM Bentiu par des personnes associées à l’opposition pour diffuser un discours incitant à la haine.

Alors que certains commandants sud-soudanais de l'opposition au SPLA ont adressé des messages appelant à l’unité et la fin du tribalisme, d’autres diffusent des messages de haine déclarant que certains groupes ethniques ne doivent pas rester à Bentiu. Ces officiers ont même diffusé des appels pour que des hommes d’une communauté commettent des violences sexuelles vengeresses contre les femmes d’une autre communauté.

Les enquêteurs des droits de l'homme au sein de la MINUSS confirment que lorsque les forces de l'opposition au SPLA ont capturé Bentiu, les 15 et 16 avril dernier, ils ont fouillé un certain nombre de lieux où s'étaient réfugiés des centaines de Sud-Soudanais et de civils étrangers et ont tué des centaines de civils après avoir déterminé leur origine ethnique ou leur nationalité. «Ces atrocités doivent être pleinement étudiées et les auteurs et leurs commandants en seront tenus responsables », a déclaré le Représentant spécial adjoint des Nations Unies au Soudan du Sud, Raisedon Zenenga, qui a également rappelé aux parties leurs obligations respectives de protéger les civils.

Dans l’hôpital de Bentiu, plusieurs hommes, femmes et enfants de l’ethnie Nuer ont été tués le 15 avril puisqu’ils avaient refusé de rejoindre d’autres Nuer qui saluaient l’arrivée des forces en opposition des SPLA. Plusieurs autres personnes appartenant à des communautés sud-soudanaises ou soudanaises, dont ceux originaires du Darfour ont été tués dans l’hôpital.

 

Le même jour, les forces en opposition des SPLA ont investi une mosquée et une église qui abritaient des civils, et ont triés les civils selon leur appartenance ethnique et nationale, et tués un certain nombre de personnes. Plus de 200 personnes auraient été tuées et plus de 400 blessées dans la mosquée.

 

Entre le 15 et le 17 avril, la MINUSS a escorté plus de 500 civils de la ville de Bentiu vers leur base afin d’assurer leur sécurité, et des milliers d’autres ont rejoint la base à pied. La mission onusienne assure actuellement la protection de plus de 12.000 civils dans sa base de Bentiu.

Vendredi, tant le Conseil de sécurité que Ban Ki-moon avaient déjà condamné les récentes attaques par des groupes armés visant délibérément des civils dans des sites de la Mission des Nations Unies à Bor, dans l’Etat de Jonglei, et à Bentiu dans l’Etat de l’Unité.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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08/12/2017
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