Soudan du Sud: 9.000 enfants combattent dans les forces des deux camps

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Photo : UNICEF/HQ03-0554/LeMoyne

Plus de 9.000 enfants combattent dans les deux camps qui s’affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud, a déclaré mercredi à Juba la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay. Adama Dieng, Conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, a répété par la même occasion que l’ONU « ne permettra pas »  qu’un génocide similaire à celui de 1994 au Rwanda se répète au Soudan du Sud. L’ONU dit craindre que le conflit au Soudan du Sud ne « dérape dans une violence grave qui échappe à tout contrôle ».

Ces chiffres donnent le vertige. Selon la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme plus de 9 000 enfants combattent au sein des forces des deux camps qui s’affrontent depuis mi-décembre au Soudan du Sud. La tragédie sud-soudanaise se conjugue aussi par ce nombre de 32 écoles qui sont aux mains des troupes des deux camps. Une vingtaine de centres de soins ont été aussi attaqués, de nombreuses femmes et filles ont été violées ou enlevées et des enfants sont morts dans des tueries de civils, commises tant par l’armée, loyale au président Salva Kiir, que par les forces fidèles à l’ancien vice-président, Riek Machar. Selon la Chef des droits de l'homme, les récents massacres de civils à Bentiu et Bor ont mis en évidence combien le Soudan du Sud est proche du désastre.

Adama Dieng, conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide et la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, ont conclu mercredi matin, une visite de deux jours au Soudan du Sud, où ils ont rencontré le président Salva Kiir et Dr. Riek Machar.

Au terme de cette visite à Juba, les deux hauts responsables onusiens ont dénoncé les « incitations à la haine » et des tueries « sur des bases ethniques ». Adama Dieng dit surtout craindre que « ce conflit dérape dans une violence grave qui échappe à tout contrôle ». « Le secrétaire général Ban Ki-moon est très inquiet et fera en sorte que ce qui est arrivé au Rwanda ne se reproduise jamais ailleurs sur ce continent », a-t-il assuré.

Navi Pillay et Adama Dieng, qui ont rencontré président Salva Kiir et l’ancien vice-président, Riek Machar, ont dénoncé leur apparente indifférence aux souffrances de leurs concitoyens, dont plus d’un million ont été chassés de chez eux, mais aussi la « lenteur à agir » de la communauté internationale. En-dehors des violences proprement dites, l’ONU a pu constater que le pays était au bord de la famine. Le responsable des opérations humanitaires des Nations Unies sur place, Toby Lanzer, avait appelé mardi à une trêve d’un mois pour permettre les semailles.

« Jusqu’où cela doit-il encore empirer avant que ceux qui peuvent mettre fin à ce conflit, particulièrement le président Kiir et M. Machar, décident de le faire? », s'est d'ailleurs interrogée Navi Pillay.

(Interview : Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme ; propos recueillis par Alpha Diallo)

 

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13/12/2017
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