Rwanda: il faut perpétuer la mémoire du génocide

Écouter /

Photo : Bo Li/Africa Renewal/UN

Alors que Bruxelles accueille une conférence internationale sur la prévention du génocide, la communauté internationale commémore ces jours-ci les 20 ans du génocide rwandais. Or, les dernières statistiques du gouvernement montrent que plus de 60% de la population du Rwanda a moins de 20 ans. Une population jeune qui n'a pas vécu le génocide et qu'il faut donc associer au processus de commémoration, comme le souligne Olivier Nduhungirehe, Représentant permanent adjoint du Rwanda auprès des Nations Unies.

Dans une interview pour la Télévision et la Radio des Nations Unies, le diplomate rwandais a fait valoir qu'il y a une responsabilité énorme pour tous les adultes, pour le gouvernement, de perpétuer la mémoire du génocide, mais aussi le message d'unité et de renouveau. Il faut s'appuyer sur l'histoire tragique que nous avons vécue, mais cette histoire est une force pour nous permettre de conforter notre unité. Et il faut miser sur les générations futures qui n'ont pas connu cela et qui ne doivent jamais s'embarquer sur un tel chemin.

Le 27 février dernier, à l’occasion d’une manifestation commémorant le 20ème anniversaire du génocide au Rwanda, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avait estimé que l’ONU avait retenu d’importantes leçons de l’incapacité de la communauté internationale à réagir face à ce génocide en 1994.

« Nous nous souviendrons toujours des 800.000 innocents qui ont été brutalement assassinés », avait dit Ban Ki-moon lors du lancement à New York de cette manifestation intitulée ‘Kwibuka 20′ et ayant pour thème ‘Souvenir, Unité, Renouveau’. « Le génocide rwandais a été un échec historique de la communauté internationale qui n’a pas réagi face aux crimes commis. »

Ban Ki-moon avait alors encouragé le peuple et le gouvernement du Rwanda à continuer de promouvoir l’esprit d’ouverture nécessaire pour la guérison et la réconciliation et à approfondir le respect pour les droits de l’homme.

Le Secrétaire général a toutefois estimé qu’il y avait encore beaucoup à faire pour pleinement intégrer et mettre en œuvre les leçons tirées de l’échec de la communauté internationale au Rwanda. Il avait notamment cité l’incapacité collective à empêcher les atrocités en Syrie au cours des trois dernières années.

(Extrait sonore : Olivier Nduhungirehe, Représentant permanent adjoint du Rwanda auprès des Nations Unies; propos recueillis par Priscilla Lecomte)

LE DERNIER JOURNAL
LE DERNIER JOURNAL
19/10/2017
Loading the player ...