RCA/OIM : le défi de la relocalisation des Musulmans au nord-ouest du pays

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Photo : OIM/Sandra Black

Le sort de centaines de Musulmans du PK-12, un ghetto insalubre à la sortie de Bangui, est au coeur d’un dilemme politico-humanitaire en République centrafricaine (RCA). Une opération de relocalisation a été lancée depuis le début du mois, avec l’aide de l’ONU et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour transférés ces personnes au nord du pays, en direction de la frontière avec le Tchad.

Le sud de la Centrafrique s’est presque vidé de ses populations musulmanes, qui ont dû fuir les exactions des milices anti-balaka. Ces groupes de jeunes essentiellement chrétiens disent vouloir venger leurs coreligionnaires, majoritaires dans le pays (environ 80%), des sévices infligés par l’ex-rébellion Séléka, à dominante musulmane, lorsqu’elle était au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014.

Des dizaines de milliers de musulmans ont gagné le Nord, où ils étaient déjà fortement représentés, ou les pays voisins. Conséquence: les contours d’une partition du pays de facto -un projet des Séléka les plus extrémistes- se dessinent progressivement.

L’organisation d’un nouveau convoi humanitaire, escorté par des soldats français ou africains, pour déplacer plus de musulmans au Nord renforcerait encore cette division, au détriment de l’hypothétique réconciliation nationale prônée par le gouvernement.

Certains dirigeants centrafricains s'opposent à ces opérations de relocalisation, car ils craignent de voir dans deux ou trois ans, le nord du pays contrôlé par les ex-Séléka. Mais dans le cas des musulmans du PK-12 à Bangui, deux options s’offrent: les “laisser mourir” ou “les relocaliser”, rétorque Emmanuelle Schneider, une porte-parole de l'OCHA, le bureau de la Coordination des affaires humanitaire des Nations Unies.

L'OCHA souligne que les relocalisations se font sur le principe de l’impératif humanitaire, qui est de “sauver des vies, et sur ceux de neutralité et d’impartialité.

Selon les habitants du PK-12, fréquemment attaqué par les anti-balaka, 22 personnes ont péri en cinq mois, dont 18 de mort violente. Les blessés par balle, grenade ou machette sont légion.

(Interview : Giuseppe Loprete, Chef de mission pour l’OIM à Bangui; propos recueillis par Jean-Pierre Amisi Ramazani)

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23/10/2017
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