Le Conseil de sécurité condamne toute négation du génocide commis au Rwanda

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Colin Keating, ancien Représentant permanent de Nouvelle Zélande, Photo: ONU/Evan Schneider

Le Conseil de sécurité a adopté, mercredi, à l'unanimité, la résolution 2150 par laquelle les quinze condamnent « sans réserve » toute négation du génocide commis en 1994 au Rwanda.

A cette occasion, le Vice-Secrétaire général, Jan Eliasson a dénoncé l'échec collectif de la communauté internationale à prévenir ce génocide qui fait plus d'un million de morts, pour grande majorité des Tutsis, en l'espace de seulement 100 jours, entre avril et juillet 1994. « Un génocide est un processus qui évolue avec le temps et qui nécessite ressources et planification. Cela signifie également qu'un génocide peut être prévenu », a souligné Jan Eliasson.

Les quinze ont également écouté Colin Keating, l'ancien Représentant permanent de la Nouvelle-Zélande, qui présidait le Conseil de sécurité au moment des faits. Ce dernier a estimé que l'ONU n'avait pas entièrement déserté le Rwanda à l'époque, tout en dénonçant l'échec du Conseil de sécurité à agir.

« J'avais la responsabilité terrifiante, en avril 1994, de présider un Conseil qui refusait de reconnaître qu'un génocide était en train d'être perpétré contre les Tutsis du Rwanda et qui a échoué dans sa responsabilité de renforcer la mission de maintien de la paix de l'ONU au Rwanda afin de protéger le plus de civils innocents possibles », a-t-il notamment affirmé.

L'ancien représentant permanent de la Nouvelle-Zélande a expliqué que même après le début du génocide, les évènements continuaient d'être décrits, dans les rapports dont étaient saisi les quinze, comme une simple résurgence de la guerre civile.

Il est revenu sur la série d'évènements qui a poussé le Conseil de sécurité à réduire les effectifs de la Mission des Nations Unies pour l'assistance au Rwanda, la MINUAR, et a aussi parlé des efforts déployés par certains de ses membres, notamment le Nouvelle Zélande, la République tchèque, l'Espagne et l'Argentine, pour faire adopter une déclaration condamnant expressément le génocide. Colin Keating a par ailleurs qualifié d'erreur la décision des quinze d'autoriser le déploiement de l'Opération Turquoise.

« Une accumulation toxique d'évènements ont suivi et ont embrasé l'ensemble de la région », a signalé l'ancien Président du Conseil de sécurité. « L'échec au Rwanda en 1994 a non seulement provoqué le génocide mais également une catastrophe humanitaire consternante dans l'est de la RDC en 1995. Et cela a directement provoqué les guerres civiles en RDC et une tragédie humaine à une plus large échelle encore. Certaines estimations suggèrent que jusqu'à 5 millions de personnes ont trouvé la mort ».

Colin Keating a aussi longuement insisté sur l'importance de la prévention des génocides.

(Mise en perspective : Isabelle Dupuis, avec des extraits sonores de l’intervention de Colin Keating, ancien Représentant permanent de la Nouvelle-Zélande et Président du Conseil de sécurité)

 

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20/10/2017
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