Génocide : ”associer les jeunes au processus de commémoration”, une priorité du gouvernement rwandais

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Retour sur l’actualité et les cérémonies marquant ce lundi 7 avril 2014, le vingtième anniversaire du début des violences qui ont ensanglanté le Rwanda et qui se sont soldées par près de 800 000 victimes. Deux décennies après, les dernières statistiques du gouvernement rwandais montrent que plus de 60% de la population du pays a moins de 20 ans. Une population jeune qui n’a pas vécu le génocide et qu’il faut donc associer au processus de commémoration, comme le souligne Olivier Nduhungirehe, Représentant permanent adjoint du Rwanda auprès des Nations Unies.

Dans une interview pour la Télévision et la Radio des Nations Unies, le diplomate rwandais a fait valoir qu’il y a une responsabilité énorme pour tous les adultes, pour le gouvernement, de perpétuer la mémoire du génocide, mais aussi le message d’unité et de renouveau. Il faut s’appuyer sur l’histoire tragique que nous avons vécue, mais cette histoire est une force pour nous permettre de conforter notre unité. Et il faut miser sur les générations futures qui n’ont pas connu cela et qui ne doivent jamais s’embarquer sur un tel chemin.

Dans ses différentes interventions, tant celle du 27 février dernier qu’au cours de celle faite aujourd’hui à Kigali, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a estimé que l'ONU a retenu d'importantes leçons de l'incapacité de la communauté internationale à réagir face à ce génocide en 1994.

« Nous nous souviendrons toujours des 800.000 innocents qui ont été brutalement assassinés », avait dit Ban Ki-moon lors du lancement à New York de cette manifestation intitulée 'Kwibuka 20′ et ayant pour thème 'Souvenir, Unité, Renouveau'. « Le génocide rwandais a été un échec historique de la communauté internationale qui n'a pas réagi face aux crimes commis. »

Ban Ki-moon avait alors encouragé le peuple et le gouvernement du Rwanda à continuer de promouvoir l'esprit d'ouverture nécessaire pour la guérison et la réconciliation et à approfondir le respect pour les droits de l'homme.

Le Secrétaire général a toutefois estimé qu'il y avait encore beaucoup à faire pour pleinement intégrer et mettre en œuvre les leçons tirées de l'échec de la communauté internationale au Rwanda. Il avait notamment cité l'incapacité collective à empêcher les atrocités en Syrie au cours des trois dernières années.

(Interview : Olivier Nduhungirehe, Représentant permanent adjoint du Rwanda auprès des Nations Unies; propos recueillis par Priscilla Lecomte)

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19/09/2014
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