Expulsions des Congolais: Kinshasa appelé à protester auprès de Brazzaville

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Ambiance au Beach principal de la Société Commerciale de Transports et de Ports (SCTP ex-Onatra) le 19/02/2013 à Kinshasa-Gombe. Photo: Radio Okapi- John Bompengo

Plusieurs ressortissants de la RDC ont à nouveau été refoulés le week-end dernier de Brazzaville. Ces familles ont été accueillies et identifiées à la gare fluviale de la Société congolaise des transports et ports (SCTP), dimanche 20 avril, par les services de l'Etat dont la Direction générale des migrations (DGM). Le vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), Dismas Kitenge, dénonce la procédure de ces expulsions et les traitements infligés aux expulsés. Il demande à Kinshasa de protester officiellement auprès de Brazzaville.

Depuis deux semaines, la police de Brazzaville mène l'opération «Mbata ya mikolo» (gifle des aînés, en français) pour arrêter et expulser des étrangers présumés criminels. Plus d'un millier de ressortissants de la RDC ont été refoulés dans le cadre de cette opération.

«Ces ressortissants [de la RDC] sont expulsés de manière qui laisse à désirer. Ces personnes sont parfois brutalisées, d'autres sont torturées. Ça ne devrait pas se passer comme ça », a dénoncé Dismas Kitenge.

Une femme expulsée le week-end a regretté que sa fille de 8 ans ait été contrainte d'interrompre ses études à Brazzaville.

Pour le vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme, «le gouvernement de la RDC doit protester auprès de [celui du Congo] Brazzaville pour montrer que ces expulsions-là n'ont pas respecté toutes les règles.»

Il a plaidé pour que le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) soit associé à cette opération d'expulsion pour s'assurer que les personnes expulsées sont sécurisées.

Dismas Kitenge a aussi préconisé des actions en justice. «Les victimes de ces actes peuvent faire des requêtes soit auprès gouvernement du Congo Brazzaville soit auprès des instances internationales pour dénoncer par exemple des actes de tortures », a-t-il proposé.

Les expulsions de ces ressortissants de la RDC se sont déroulées au lendemain de la visite du ministre de la RDC des Affaires étrangères à Brazzaville. Il a apporté un message de Joseph Kabila à son homologue Dénis Sassou Nguesso. Même si le contenu de message n'a été pas révélé à la presse, plusieurs sources estiment qu'il pourrait s'agir d'une réaction de Kinshasa aux expulsions de ses ressortissants.

Les Congolais de la RDC sont encore expulsés de Brazzaville alors que le vice-ministre des Affaires étrangères de la RDC, Célestin Tunda wa Kasende, de retour d'une mission de Brazzaville le 10 avril dernier, avait annoncé que les autorités de deux pays avaient convenu de la suspension provisoire de l'opération « Mbata ya mikolo».

Le ministre avait dénoncé des cas de tortures, pillages, viols et autres traitements inhumains dont sont victimes ses compatriotes refoulés de la République du Congo et promis la mise en place d'une commission d'enquête.

Interrogé à l'Assemblée nationale le 16 avril dernier, Célestin Tunda wa Kasende, a fait état de 1179 ressortissants de la RDC expulsés de Brazzaville depuis le début de l'opération « Mbata ya mikolo».

(extrait sonore: Dismas Kitenge, vice-président de la Fédération internationale des droits de l'homme; propos recueillis par Ascain Zigbia Tayoro de Radio Okapi)

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13/12/2017
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