Ukraine : “Il était nécessaire pour l'avenir des Nations Unies de montrer que la Russie est seule”, déclare Gérard Araud

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Gérard Araud, Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies s’exprimant devant les journalistes

Extrait des remarques à la presse faites le samedi 15 mars 2014 par Gérard Araud, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies à l'issue de la réunion du Conseil de sécurité. (en français)

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Nous ne sommes pas surpris, nous savions que la Russie allait opposer son véto à la résolution qui a été présentée. Nous savions également que la Russie serait totalement isolée. C'était simple, le texte de la résolution que nous avons présentée était un texte qui se contentait de réaffirmer les principes de base des Nations unies. Comme je l'ai dit, la Russie a opposé son véto à la Charte des Nations unies. C'est clair, le véto russe aujourd'hui signifie que la force prime le droit. Je crois qu'il était nécessaire pour l'avenir des Nations unies de montrer que la Russie est seule. (…)

Question : Vous avez voulu montrer l'isolement de la Russe. Vous l'avez obtenu Est-ce tout ce que la diplomatie a à offrir sur l'Ukraine aujourd'hui ? Pensez-vous que cela a du poids sur le Kremlin et sur M. Poutine ?

Nous ne sommes venus au Conseil de sécurité qu'en désespoir de cause. Vous ne pouvez pas imaginer le nombre d'appels téléphoniques, la longueur des appels téléphoniques de tous les chefs d'État et de gouvernement avec le Président Poutine et le ministre Lavrov. Vous avez vu que M. Kerry a passé plusieurs heures à Londres à essayer d'ouvrir une négociation avec la partie russe. Mais la partie russe a été très claire, il y a une chose dont on ne discute pas, c'est la Crimée. Donc nous allons vers l'annexion de la Crimée, ce qui est une violation grave du droit international. Il était donc nécessaire que nous marquions le coup.

Mais de nouveau il ne faut pas perdre espoir et nous l'avons répété dans nos discours ; nous espérons que la Russie ne cédera pas aux sirènes du nationalisme et qu'elle comprendra que cette violation du droit, ce reniement de ses propres principes est un désastre pour l'avenir de la communauté internationale. Nous le répétons, nous sommes toujours prêts à négocier avec la Russie, mais évidemment sur la base des principes de la Charte des Nations unies, c'est-à-dire l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous n'accepterons jamais l'annexion de la Crimée par la Russie.

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26/12/2014
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