Ukraine : déploiement immédiat d'une équipe de surveillance des droits de l'homme

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Ivan Simonovic

Le Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’homme, Ivan Simonovic, a annoncé vendredi le déploiement immédiat d’une équipe de l’ONU chargée de surveiller la situation des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire ukrainien, y compris en Crimée.

« Lors de nos discussions en Ukraine, nous rapidement constaté que les narratifs étaient souvent contradictoires lorsque les parties prenantes expliquent ce qui s’est passé dans ce pays depuis le mois de novembre », a expliqué Ivan Simonovic lors d’une conférence de presse à Kiev au neuvième jour de sa mission dans le pays.

« Nous devons établir les faits et les circonstances des violations des droits de l’homme de façon indépendante et objective afin d’éviter la manipulation de ces narratifs contradictoires à des fins politiques, pour exacerber les divisions et pour inciter à la haine. En établissant les faits, l’équipe de l’ONU aidera à empêcher une telle manipulation et à désamorcer les tensions », a-t-il ajouté.

Selon le Sous-Secrétaire général aux droits de l’homme, les violations chroniques des droits de l’homme figurent parmi les raisons des troubles en Ukraine au cours des derniers mois.

« Depuis de nombreuses années, les dénonciations des violations systématiques des droits de l’homme, y compris celles des organisations internationales, ont été négligées », a rappelé Ivan Simonovic. « Nous sommes préoccupés par la faiblesse des institutions chargées de défendre l’état de droit, le manque de responsabilité et donc de l’impunité de ceux qui violent les droits de l’homme. Les informations faisant état de torture et de mauvais traitements sont nombreuses ».

Dans le contexte des récentes manifestations dans la capitale Kiev et ailleurs dans le pays, Ivan Simonovic a exprimé sa préoccupation concernant les accusations de l’usage excessif de la force, des exécutions extra-judiciaires, de torture, de disparitions forcées et de détentions arbitraires.

« J’ai rencontré en personnes d’une victime de violences qui avait des cicatrices physiques et mentales visibles. Les auteurs des violations contre cet individu et d’autres victimes doivent être traduits en justice, quel que soit leur motivation, statut ou affiliation, suite à des enquêtes indépendantes et impartiales », a souligné le Sous-Secrétaire général.

Les représentants de l’ONU menés par Ivan Simonovic, n’ont pas pu se rendre en Crimée puisque les autorités sur place ont refusé de garantir leur sécurité. Cependant, il a souligné que cette interdiction d’accès n’a pas empêché la mission à évaluer la situation des droits de l’homme dans cette région, puisqu’ils avaient accès à de nombreuses sources crédibles.

« Je suis très inquiet de la situation en Crimée, où il ne semble plus y a voir d’état de droit, et donc une détérioration grave de la protection des droits humains ainsi qu’une insécurité rampante à cause de la désinformation et une incertitude totale sur l’avenir », a affirmé Ivan Simonovic, en ajoutant qu’il a entendu des informations sur de nombreux cas de violations graves, dont des disparitions forcées, de détentions arbitraires, de torture et de mauvais traitement infligés par des éléments paramilitaires non identifiés.

Ivan Simonovic a souligné que la situation des minorités et des peuples autochtones de Crimée, en particulier les Tatars de Crimée, sont particulièrement vulnérables, surtout en ce qui concerne le droit de participer sans discrimination dans les affaires publiques et la vie politique.

(Mise en perspective : Jérôme Longué)

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21/11/2014
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